En 1991, alors que le marché automobile européen bourdonnait d’innovations et que les citadines cherchaient à s’imposer comme les vedettes des rues et parkings, Peugeot a lancé un véritable petit phénomène : la Peugeot 106. Cette voiture, destinée à devenir un des modèles les plus emblématiques de la marque française, a su séduire un public large, mêlant jeunes conducteurs et nostalgiques de la simplicité. Plus que sa fonctionnalité, la 106 incarne le savoir-faire français allié à une stratégie commerciale astucieuse, un concentré de polyvalence urbaine souvent comparé à ses concurrentes directes comme la Renault Clio ou la Citroën Saxo, membre de la même famille PSA. Ce bijoux compact promettait une conduite agile, des moteurs efficaces, et un look qui ne passait pas inaperçu sur les trottoirs de Paris, de Lyon ou même de Mulhouse.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 2,8 millions d’exemplaires produits entre 1991 et 2003, une durée de vie remarquable pour une citadine, et une impressionnante capacité à évoluer sans jamais perdre son âme. Cette voiture tantôt 3 portes, tantôt 5, s’est déclinée en multiples motorisations et versions spéciales, jouant parfois la carte sportive, avec notamment la célèbre 106 Rallye ou la S16. Ce succès commercial est aussi technique : une plateforme conçue à partir d’éléments éprouvés du groupe PSA, très robuste moteur TU au cœur, permettant à la 106 de résister aux affres du temps. Une complice de choix pour les trajets citadins comme pour les petites escapades.
Au-delà de ces aspects techniques, la Peugeot 106 a su s’imposer dans la culture populaire française, apparaissant dans le film culte “Taxi” de 1998, ou encore dans plusieurs jeux vidéo, apportant un petit grain de folie à ses adeptes. Aujourd’hui encore, cette citadine est un objet de collection prisé par ceux qui ont connu ces années 90, et un témoin précieux des évolutions de l’automobile. Plongeons donc ensemble dans le monde de la Peugeot 106, pour découvrir tous les secrets qui ont permis à ce modèle de marquer à jamais l’histoire automobile.
Une citadine française née en 1991 : contexte et origines de la Peugeot 106
Quand Peugeot décide de lancer la 106 en 1991, le contexte automobile est en pleine mutation. Il s’agit pour la marque du lion de remplacer progressivement la 104, un modèle devenu légendaire mais datant de la décennie précédente, tout en complétant l’offre existante incarnée par la Peugeot 205. Le constructeur vise le segment B, celui des voitures compactes, particulièrement prisé en Europe avec une concurrence forte notamment de Renault et Citroën, deux mastodontes français également.
Le défi : offrir une voiture à la fois moderne, économique, et capable de s’adapter à la vie urbaine trépidante. La 106 est dessinée avec soin par Gérard Welter, déjà responsable du style de la 205, mais cette fois, il pousse les lignes plus carrées, un brin plus affirmées, pour apporter un look dynamique tout en conservant une certaine simplicité qui séduisait à l’époque.
Cette citadine est assemblée dans les usines françaises d’Aulnay-sous-Bois et Mulhouse, ce qui garantit une production de proximité. En parallèle, Peugeot s’appuie sur des moteurs éprouvés, notamment la fameuse famille des moteurs TU, que l’on retrouve déjà sous le capot des 205. Ces moteurs, connus pour leur robustesse, offrent une large palette de puissances : de 45 ch à plus de 120 ch dans les versions sportives.
Le succès se construit aussi sur l’astuce commerciale : la Peugeot 106 est d’abord lancée en version 3 portes, puis rapidement déclinée en 5 portes dès 1992, pour séduire une clientèle plus familiale et pratique. Le véhicule propose aussi une gamme très variée avec des versions allant de la simple XN à des éditions spéciales plus prestigieuses ou thématiques, telles que la Roland-Garros ou la Carte Noire. Elles témoignent de l’effervescence marketing adoptée par Peugeot pour dynamiser les ventes.
| Année | Événement clé | Production | Motorisation principale | Type |
|---|---|---|---|---|
| 1991 | Sortie officielle Peugeot 106 phase 1, 3 portes | Début | Moteurs TU essence, 954 à 1360 cm³ | Citadine compacte |
| 1992 | Introduction version 5 portes et premières éditions spéciales | Extension | Essence et Diesel (TUD 1.4 L) | Citadine polyvalente |
| 1996 | Restylage majeur (Phase 2), nouvelles motorisations | Pic de production | 1.6 16 soupapes, versions Sport et Rallye | Citadine dynamique |
| 2003 | Fin de production, succès consolidé | 2,8 millions d’unités produites | Essence et Diesel améliorés | Polyvalente urbaine |

Innovations mécaniques et motorisations : la clé du succès durable de la Peugeot 106
La Peugeot 106 brille avant tout par la diversité et la fiabilité de ses motorisations. Le constructeur français a eu le bon goût de s’appuyer sur une base mécanique éprouvée et adaptable, ce qui lui a permis de toucher un large public, des plus modestes aux amateurs de sensations plus sportives.
Les moteurs essence TU, au nombre de plusieurs variantes, s’échelonnent du 954 cm³ de 45 ch à un 1.6 litres 16 soupapes délivrant jusqu’à 120 ch dans la fameuse version S16. Ces mécaniques, grâce à leur conception simple mais robuste, sont réputées quasiment invulnérables, un argument de poids pour une citadine destinée à rouler en conditions urbaines parfois rudes. D’ailleurs, ces moteurs ont souvent été partagés avec d’autres modèles du groupe PSA, notamment la Citroën AX, dont la 106 partage quelques composantes techniques, bien que la Peugeot soit un peu plus lourde et sécurisée.
Le diesel ne fut pas oublié, avec des moteurs TUD à partir de 1.4 litres, puis 1.5 litres, offrant une alternative économique. Pour l’époque, la consommation variée de 5,2 à 8,1 litres/100 km permettait à la 106 de se positionner comme un choix rationnel face aux carburants coûteux. Le bilan écologique, bien qu’évidemment loin des normes Euro 7 de 2025, affichait déjà des émissions raisonnables pour une petite voiture populaire, comprises entre 138 et 189 g/km de CO2.
Sur le plan des boîtes de vitesses, Peugeot n’a pas compliqué les choses : des transmissions manuelles à 4 ou 5 rapports, maniables et efficaces. En matière de propulsion, on reste sur une traction avant, standard pour la catégorie, garantissant une excellente tenue de route et une facilité de conduite adaptée aux novices comme aux conducteurs plus aguerris.
Les versions sportives méritent un détour. La Peugeot 106 Rallye, lancée dès 1993, mise sur un moteur 1.3 litres de 98 ch, avec une version allégée à seulement 810 kilos pour offrir des sensations vives et précises, à condition d’aimer la conduite enthousiaste. Plus tard, la phase 2 introduit la S16, la sportive par excellence, avec un 1.6 litres 16 soupapes dopé à 120 ch, un véritable régal sur petites routes sinueuses. Ces déclinaisons sportives ont aussi permis à Peugeot de se faire une place sur les circuits de rallye amateurs, confirmant ainsi la polyvalence de la 106.
| Modèle | Cylindrée (cm³) | Puissance (ch) | Couple (Nm) | Vitesse max (km/h) | Consommation mixte (L/100 km) |
|---|---|---|---|---|---|
| 1.0 XN | 954 | 45 | 70 | 148 | 5,2 |
| 1.1 Zen | 1124 | 54 | 94 | 165 | 6,1 |
| 1.3 Rallye | 1294 | 98 | 108 | 190 | 7,4 |
| 1.6 S16 | 1587 | 120 | 145 | 205 | 8,1 |
Stylistique, design et personnalités multiformes : comment la 106 s’est adaptée à tous les goûts
La Peugeot 106 est loin d’être une simple citadine fade. Même si sa silhouette reste dans des tons fonctionnels, elle a su jouer avec les codes du design des années 90 pour s’imposer comme une voiture à la fois pratique et séduisante.
Son style, souvent qualifié de cubique à ses débuts, a su évoluer avec le restylage de 1996, apportant des formes plus douces, des pare-chocs redessinés avec notamment des anti-brouillards ronds plus modernes, et un habitacle amélioré. Ce lifting esthétique n’a pas seulement rendu la voiture plus agréable à regarder, il a aussi introduit des équipements comme l’antiblocage des freins ABS, des airbags, et la direction assistée, un luxe à ce niveau de gamme au tournant du siècle.
Au fil des années, Peugeot a décliné la 106 en une galerie impressionnante de séries spéciales qui ont su tenir en haleine les amateurs. Des éditions comme la Carte Noire ou Roland-Garros ont mis en exergue un aspect plus glamour, tandis que des versions ludiques telles que l’Enfant Terrible ou la série Midnight ont rendu hommage à une clientèle plus jeune et rebelle. Ce foisonnement fut une vraie force pour garder un intérêt constant et une clientèle fidèle.
Le tableau ci-dessous illustre ce foisonnement avec un petit aperçu des séries marquantes, en rappelant le positionnement plutôt polyvalent et accessible du modèle mais laissant la place au fun dans certaines touches.
| Année | Série spéciale | Éléments distinctifs | Positionnement |
|---|---|---|---|
| 1993 | Carte Noire / Roland-Garros | Finitions soignées, couleurs exclusives | Glamour |
| 1997 | Quiksilver / Eden Park / Inès de la Fressange | Design jeune, partenariats | Branché |
| 2000 | Enfant Terrible / Sport | Look sportif, équipements modernes | Jeune et dynamique |
| 2002 | Pop Art / RC | Graphismes colorés, éditions collector | Artistique |
Polyvalence urbaine et comportement routier : maîtrise de la ville et petites escapades
À l’heure où les moteurs électriques font fureur et que le marché propose pléthore de SUV premium, la Peugeot 106 rappelle avec charme la simplicité de la conduite citadine d’hier. Son encombrement réduit, avec une largeur confortable de 1,59 m et un empattement de 2,385 m, en fait une véritable fauve du parking en centre-ville. Que ce soit dans les ruelles tortueuses de Lyon, où les places se disputent comme des parts de gâteau, ou dans les parkings souterrains exiguës parisiens, cette citadine est redoutablement efficace.
La voiture affiche une masse à vide oscillant entre 760 et 1 060 kg selon les versions, ce qui contribue à sa maniabilité et à son agilité, un facteur primordial pour séduire les citadins. Malgré cela, la Peugeot 106 conserve un comportement routier gratifiant dès que vous quittez la ville, offrant un confort sur petites routes et une tenue de cap sécurisante grâce à une architecture mécanique bien pensée et un centre de gravité bas.
Les amateurs de rallye et de conduite sportive ne se sont pas trompés en choisissant la 106 Rallye ou la S16, qui ont apporté une touche d’adrénaline bienvenue parmi les nombreuses petites voitures sans saveur. Le modèle a même été présent dans plusieurs jeux vidéo cultes et une palette de pop culture, démontrant son aura qui dépasse les simples aspects techniques.
En résumé, la 106 est une parfaite illustration d’un véhicule accessible mais capable de séduire un large panel d’automobilistes grâce à ses nombreuses déclinaisons, un vrai couteau suisse de la voiture de ville. De plus, son histoire rappelle l’ingéniosité du groupe PSA, qui sut rivaliser avec Renault ou Citroën en proposant des modèles fiables et adaptés aux usages du quotidien.
Un modèle emblématique dans la culture et la mémoire automobile franco-européenne
Au-delà des chiffres et des mécaniques, la Peugeot 106 s’est naturellement intégrée à la culture automobile européenne en jouant son rôle d’incontournable citadine des années 90 et au début des années 2000. Elle fut la compagne première de jeunes conducteurs mais aussi la voiture économique des familles modestes, une vraie star dans les banlieues et au cœur des villes.
Cette popularité l’a conduite à devenir une véritable icône dans la production de PSA, cristallisant un savoir-faire qui allie robustesse et adaptabilité. Son apparition dans le film “Taxi” en 1998, dans une séquence aussi drôle qu’inattendue, ou sa présence dans les jeux vidéo populaires tels que Need for Speed Underground 2 confirment son aura et son prestige. La 106 est même devenue un objet de collection, un témoignage vivant des années où investir dans une petite voiture était à la portée de tous.
Elle représente aussi une époque où l’automobile française rivalisait vigoureusement avec ses voisines allemandes et italiennes grâce à des partenariats solides avec des sociétés comme Valeo pour l’équipement, TotalEnergies et Elf pour les lubrifiants, Michelin pour la chaussée, et Facom pour l’outillage. Ces collaborations enrichissaient la 106 d’une fiabilité sans compromis. Peugeot a su conjuguer performance, économie et durabilité.
Enfin, la 106 a laissé un héritage durable dans l’esprit des passionnés et parfois même des ingénieurs, qui voient en cette citadine une réussite d’ingénierie simple et efficace, source d’inspiration pour les modèles urbains d’aujourd’hui, notamment dans un monde où l’électrique et la mobilité douce tendent à redéfinir la voiture citadine.
Quel est le moteur le plus répandu de la Peugeot 106 ?
Le moteur TU de 1.1 litre, offrant un bon compromis entre puissance et consommation, est très répandu dans la gamme 106, notamment dans les versions Zen et XN.
La Peugeot 106 est-elle adaptée pour un jeune conducteur ?
Absolument, grâce à sa maniabilité, ses dimensions compactes et sa motorisation accessible, la Peugeot 106 est idéale pour les novices souhaitant une voiture fiable et économique.
Quelles sont les différences majeures entre la phase 1 et la phase 2 ?
La phase 2, apparue en 1996, introduit un restylage esthétique, l’ajout d’équipements modernes comme l’ABS et les airbags, ainsi que des motorisations plus performantes comme la S16 de 120 ch.
La Peugeot 106 a-t-elle connu une version électrique ?
Oui, Peugeot a lancé une version électrique dès 1995, en collaboration avec Heuliez, qui offrait jusqu’à 90 km d’autonomie, mais la production fut arrêtée faute de rentabilité.
Peut-on trouver des pièces détachées facilement pour la Peugeot 106 aujourd’hui ?
Étant donné la popularité du modèle et sa robustesse, il est encore relativement facile de trouver des pièces détachées, notamment grâce à la large communauté de passionnés et des fournisseurs spécialisés.