Lorsqu’on évoque l’automobile française d’exception, le nom De La Chapelle résonne comme un chant discret, garé dans un coin d’atelier mais bien présent dans le cœur des passionnés. Plus qu’une simple marque, De La Chapelle incarne une histoire de famille, un lien fort avec l’artisanat lyonnais et un amour fou pour la mécanique ancestrale. À travers des voitures fabriquées en petites séries, cette marque réussit à conjuguer tradition et innovation, en ressuscitant des modèles mythiques, parfois oubliés, parfois légendaires. À l’heure où géants comme Peugeot, Citroën, Renault ou même les plus sportifs Alpine et Venturi tracent leur route dans l’industrie, De La Chapelle s’affirme comme une perle rare. Ce détour par la saga De La Chapelle, c’est aussi une plongée dans les racines parfois méconnues de la voiture française de luxe et de compétition, sous l’égide d’une famille passionnée, prête à relever le défi du très haut de gamme.
Les origines et renaissance de De La Chapelle : un héritage familial enraciné dans l’artisanat lyonnais
L’histoire de De La Chapelle s’ancre au début du XXe siècle avec l’enseigne familiale Stimula, lancée par un ancêtre passionné qui a brillé parmi les nombreux petits constructeurs automobile présents à Lyon, un véritable vivier de créativité française où près de 150 marques collaboraient ou rivalisaient à l’époque. Malgré cette profusion, Stimula se distinguait par ses brevets techniques et ses motorisations innovantes, à une époque où la suprématie semblait acquise aux moteurs De Dion. Ce n’est donc pas un hasard si, en 1975, Xavier de La Chapelle revient aux commandes, décidé à raviver la flamme d’une tradition familiale qui ne demandait qu’à ronronner à nouveau sous le capot.
Xavier, jeune fou de mécanique, ne s’est pas contenté de simples répliques. Son ambition affichée était claire : s’attaquer au marché du très haut de gamme, souvent délaissé par les petits ateliers qui misaient sur des modèles de base. En s’inspirant clairement des légendaires Bugatti et plus largement de toute une culture automobile française qui comprend aussi des noms comme Delage, Delahaye, ou encore les luxueuses Facel Vega, Xavier impose une philosophie unique. Avec des prototypes très travaillés dès la fin des années 70, il compte bien honorer ce patrimoine avec un mélange d’artisanat et de montage sur mesure.
Pour donner vie à ce projet, il s’entoure de talents issus de l’industrie, dont Jacques Hubert, père de la fameuse Matra Djet, symbole de l’ingéniosité française. Ensemble, ils développent des voitures caractérisées par une motorisation considérée haut de gamme à l’époque : des moteurs BMW choisies pour leur fiabilité et leur sportivité, une alliance franco-allemande qui fait mouche. Ce choix stratégique permet aux De La Chapelle d’être à la fois performantes, élégantes et techniquement abouties, très loin des répliques artisanales classiques. La première apparition officielle au Salon de Genève 1978 lance une petite révolution discrète dans les allées cossues du hall helvétique.

| Année | Évènement | Signification |
|---|---|---|
| Début XXe siècle | Création de Stimula par un ancêtre De La Chapelle | Naissance d’une marque entre artisanat et innovation |
| 1975 | Renaissance de De La Chapelle par Xavier de La Chapelle | Relancement de la tradition familiale avec vision moderne |
| 1978 | Première présentation lors du Salon de Genève | Annonce officielle sur la scène automobile européenne |
Pour les curieux souhaitant approfondir cette aventure, l’article de Wikipedia offre une synthèse claire et complète, tandis que Classic Car Passion met l’accent sur le savoir-faire artisanal à la française qui fait la spécificité du constructeur.
La De La Chapelle Grand Prix : une icône sportive et artisanale redéfinissant les normes
Plus qu’un simple hommage, la De La Chapelle Grand Prix représente la quintessence du savoir-faire artisanal lyonnais appliqué à l’automobile de prestige. Cette voiture, présentée en 1992, célèbre la proximité du constructeur avec l’ancien tracé du Grand Prix de Lyon, une légende locale. L’appellation « Grand Prix » tire son héritage direct du monde prestigieux de Bugatti, qui avait lancé la fameuse Type 35 en 1924, clin d’œil évident à une époque dorée.
Une des forces de la Grand Prix, outre son esthétique raffinée et soignée, réside dans son architecture technique. Assisté par le concepteur des châssis Venturi, Xavier a confié la structure de son bolide à un châssis multitubulaire en acier et à une suspension à double triangulation, garantissant rigidité, maniabilité et tenue de route, même face à la puissance native du moteur choisi : un six cylindres en ligne BMW doté d’un compresseur développant 240 chevaux. Ce mariage entre robustesse et performance fait de la Grand Prix un concentré de technologie artisanale capable de rivaliser avec des véhicules d’une renommée plus établie.
Son poids réduit à 960 kg, somme toute légère face à ses contemporaines, conjugué à une répartition quasi parfaite des masses (45 % sur l’avant et 55 % à l’arrière), offre une dynamique de conduite exceptionnelle, digne d’un roadster sportif. Mieux, cette voiture se dérobe aux standards classiques en étant dépourvue de portes, renforçant à la fois son côté exclusif et une sensation de pilotage unique. La Grand Prix incarne parfaitement cette vieille école française où passion et innovation se mêlent dans une danse mécanique séduisante.
Un point notable est que chaque modèle est authentifié par une plaque numérotée, garantissant son unicité. À ce jour, seuls trois exemplaires ont été construits, faisant de cette voiture une rareté mondialement recherchée par les collectionneurs avertis, à l’instar des modèles des marques mythiques Delahaye ou Delage.

| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Moteur | BMW 6 cylindres en ligne avec compresseur 240 ch |
| Poids | 960 kg |
| Structure | Châssis multitubulaire acier, suspensions double triangulation |
| Performance | Comportement sportif, répartition poids 45/55 |
| Unique | Seulement 3 exemplaires construits |
Autre exemple de la passion autour de cette perle rare, grâce au reportage complet de Rétro Passion Automobiles, on perçoit toute l’intensité qu’une voiture comme la Grand Prix peut susciter, entre émotions, performances et patrimoine mécanique d’exception. L’esprit De La Chapelle, c’est un peu l’art de faire beaucoup avec peu, en rivalisant avec la haute couture automobile française telle qu’incarnée par les grandes maisons comme Bugatti ou Facel Vega.
De La Chapelle et la modernité : moteur BMW et ambitions européennes
Réintroduire une marque dans un marché aussi concurrentiel que celui de l’automobile de prestige relève du défi, surtout quand on ne dispose pas de la puissance financière d’un géant comme Renault ou Peugeot. Pourtant, De La Chapelle a su se positionner intelligemment en associant son savoir-faire artisanal à une mécanique allemande haut de gamme, en particulier BMW. La collaboration avec cette marque allemande ne date pas d’hier, mais s’est imposée comme un prolongement naturel de la philosophie de Xavier de La Chapelle, qui souhaitait proposer à ses clients du rêve, de la fiabilité et de la performance.
Le premier contact avec le président de BMW France fut une étape cruciale. Conquis par la vision, ce dernier plaida à Munich la cause de ce petit constructeur français en quête d’excellence. Résultat : tous les modèles produits par De La Chapelle ont été propulsés par des moteurs BMW, gages d’une fiabilité éprouvée et d’une sportivité affirmée. Ce choix technique a largement contribué à la reconnaissance et à la pérennité de la marque auprès des connaisseurs et des collectionneurs.
Cette union franco-allemande en plein cœur des années 80 représente aussi une voie d’avenir, notamment à une époque où des marques comme Citroën ou Alpine développent leurs propres moteurs et concepts, tandis que Venturi pousse la sportive électrique avant l’heure. En 2025, la connexion des plus belles mécaniques et d’un design artisanal reste une recette pour produire ce que certains appellent « la haute couture lyonnaise de l’automobile ». Pour en savoir plus le site officiel delachapelle.com donne toutes les clés de cette histoire vibrante.

Certaines occasions rares de mise en vente aux enchères, notamment chez RM Sotheby’s, ont révélé un véritable engouement pour ces modèles uniques. Par exemple, une De La Chapelle Junior a été adjugée à un prix record, dépassant les 33 000 euros, confirmant que la cote de la marque ne cesse de grimper, stimulée par une communauté fidèle, à l’instar de ce que l’on peut observer pour les marques disparues mais légendaires comme David Brown ou De Tomaso.
Le club De La Chapelle : un rassemblement fidèle et dynamique autour d’une passion
Peu de marques peuvent se vanter d’avoir un cercle aussi dévoué et passionné que celui qui gravite autour de De La Chapelle. Le club De La Chapelle, fondé le 11 septembre 1992, agit comme un véritable vivier de passionnés qui aiment se retrouver pour célébrer la marque, ses modèles et, surtout, son âme. Ce club organise régulièrement des événements, des expositions et des sorties où propriétaires et admirateurs peuvent partager anecdotes, restaurations et conseils techniques, consolidant ainsi une communauté qui fait vivre la marque bien au-delà de la simple voiture.
Ce lien particulier entre la marque et son club rappelle un peu l’esprit que l’on retrouve chez Venturi ou dans certaines associations autour des grandes marques historiques françaises. Le club agit aussi comme un garde-fou, transmettant les valeurs de craftmanship qui rendaient célèbres des marques comme De La Chapelle dans le grand public. Grâce aux nombreuses rencontres et échanges, les propriétaires garantissent également un parfait entretien et une valorisation constante des véhicules, ce qui explique en partie la stabilité (voire la progression) des prix sur le marché des collectionneurs.
Pour les inconditionnels qui souhaitent une immersion authentique, ce club est une porte ouverte sur un monde où voitures et amitiés se conjuguent dans une aventure humaine rare. L’adhésion à ce cercle prestigieux offre même la possibilité de participer à des rallyes typés passion, des week-ends thématiques et des visites privées de lieux liés à l’histoire automobile, inscrivant De La Chapelle dans une lignée de marques confidentielles, mais non moins prestigieuses.
| Date | Activité | Description |
|---|---|---|
| 11 septembre 1992 | Création du Club De La Chapelle | Rassemblement des passionnés et des propriétaires |
| Annuel | Rencontres et sorties automobiles | Partage d’expérience et échanges autour des modèles |
De La Chapelle face aux légendes françaises : un bijou dans un écrin prestigieux
Dans le concert des marques françaises disparues ou légendaires, De La Chapelle tient une place de choix, presque secrète, où chaque modèle raconte une histoire unique, parfois proche des Bugatti, souvent aux côtés des mythes comme Dallara ou plus artisanales comme Dangel. Elle fait aussi écho aux ancêtres prestigieux de l’automobile française que sont Delage, Delahaye, ou des marques aujourd’hui plus confidentielles mais dont le nom brille toujours : De Dion Bouton.
La singularité de De La Chapelle tient autant à la qualité des véhicules qu’aux intentions affichées : redonner vie à un patrimoine automobile en le mêlant à une dynamique contemporaine, loin du goût des assemblages industriels de masse. L’attrait autour de la marque est renforcé par son insertion dans un univers de passionnés qui militent pour la reconnaissance des constructeurs indépendants.
Il est aussi remarquable de noter comment De La Chapelle s’inscrit dans la même catégorie que des marques telle que Facel Vega, tout en se rapprochant par certains aspects des expérimentations modernes d’Alpine ou encore du clin d’œil à Venturi, offrant ainsi un pont entre tradition et innovation. Cette complémentarité lui confère un charme particulier que les collectionneurs recherchent ardemment, donnant à ces voitures une dimension intemporelle dans le paysage automobile français.





