Mosler : l’histoire fascinante d’une marque de voitures d’exception

Table des matières

Mosler

Année de création :

1985

Arrêt de l’activité :

2013

Notes :

Supercars MT900; fondu avec Rossion.

Statut :

Disparue

Quand on parle de voitures d’exception, votre esprit s’emballe souvent à la pensée des géants européens comme Bugatti, Pagani, ou encore Koenigsegg, véritables emblèmes du luxe et de la puissance. Pourtant, au détour d’un virage, les États-Unis nous offrent une légende un peu plus discrète mais ô combien fascinante : Mosler. Fondée en 1985 par Warren Mosler, un trader devenu constructeur automobile, cette marque n’a jamais cherché la course aux chiffres stratosphériques et aux clins d’œil tape-à-l’œil. Non, Mosler a préféré tracer sa route à contre-courant, jouant la carte de la légèreté, de la simplicité et des performances sans compromis, au point de devenir le cauchemar des mastodontes comme Ferrari ou Porsche dans les championnats GT. Du prototype Consulier GTP, banni des circuits par ses performances disruptives, jusqu’à la célébrissime MT900R qui a dominé les 24 Heures de Daytona, Mosler aura marqué l’histoire automobile américaine par son audace et son ingénierie minimaliste. Décryptage d’une aventure hors du commun qui mérite amplement d’être sortie de l’ombre.

Les origines de Mosler : quand un trader réinvente la voiture de sport américaine

Dans les années 1980, alors que la scène automobile américaine était dominée par des noms plus traditionnels et des supercars souvent plus tape-à-l’œil que performantes, Warren Mosler, un trader et financier de génie, décide de changer la donne. Il crée Consulier Industries, une entreprise qui lancera la fameuse Consulier GTP, un bolide aussi surprenant que controversé. Avec un châssis ultra léger en fibre de verre et une conception radicale axée sur un rapport poids/puissance exceptionnel, cette voiture bouleverse les standards établis.

La Consulier GTP est tellement en avance sur son temps qu’elle se voit lourdement pénalisée, voire interdite dans certains championnats, notamment l’IMSA, car les organisateurs la considéraient injuste face aux mastodontes de l’époque. Cette opposition montre à quel point Mosler voulait tailler dans le vif, privilégier l’efficacité et le plaisir de pilotage plutôt que les gadgets et l’esbroufe. Pour un passionné d’automobiles, c’est comme découvrir un ovni au pays des V8 bruyants et lourds.

Le pari de Warren Mosler ne se limite pas à faire un coup d’éclat. Avec l’aide de Rod Trenne, ex-ingénieur chez General Motors ayant travaillé sur la Corvette C5, Mosler lance dans les années 1990 un projet ambitieux : la MT900. Cette supercar moderne est conçue pour être une GT classique sur route mais avec l’âme d’une voiture de course. Le cœur du projet ? Un moteur américain Chevrolet LS1 V8, un châssis monocoque en fibre de carbone et surtout un poids total autour de 900 kg, d’où son nom. Voilà un cocktail explosif qui promettait de donner des sueurs froides aux monstres européens comme Porsche ou Ferrari.

Modèle Année Caractéristiques clés Performance
Consulier GTP 1985 Châssis fibre de verre, ultra léger Dominance IMSA, souvent interdit
Mosler MT900 1999 Châssis carbone, V8 Chevrolet LS1, 900 kg GT moderne, homologation route et course

Pour en savoir plus sur les débuts et spécificités de la Consulier GTP et la MT900, ce lien est une mine d’or : Consulier GTP & MT900.

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La Mosler MT900R, la bête de circuit qui a défié l’Europe et l’Amérique

Si la MT900 est une prouesse sur route, sa déclinaison compétition, la MT900R, fera trembler les circuits. Cette version racing est loin d’être une simple voiture civilisée déguisée. Ici, on parle d’un engin à la mécanique rugissante, au confort minimaliste pensé uniquement pour la performance et la compétitivité. La MT900R arbore une transmission séquentielle à palettes, une exclusivité à son époque parmi les GT américaines, là où Porsche ou Ferrari utilisaient souvent encore des leviers classiques.

Le châssis de la MT900R est une leçon d’ingénierie : 4,63 mètres de longueur, presque 2 mètres de largeur, mais avec une masse contenue et un moteur V8 central arrière développant entre 500 et 520 chevaux selon les versions. Cette configuration, inspirée directement des McLaren F1 et Saleen S7, offre une stabilité et une tenue de route exceptionnelles, confirmant son rôle de guerrière sur le bitume.

Le moment de gloire arrive en 2003 lors des 24 Heures de Daytona. Le châssis n°002, premier vendu à un client, confié au team français Perspective Racing mené par Thierry Perrier, ne fait pas de détails. En dépit d’un plateau composé de Corvette, Porsche, Saleen S7R et autres monstres, la MT900R s’adjuge la victoire de classe dans la catégorie GTS, propulsée entre autres par le talentueux João Barbosa, plutôt habitué des vainqueurs des 24 Heures !

Événement Résultat Pilotes clés Particularité
24 Hours of Daytona 2003 1ère place classe GTS João Barbosa, Thierry Perrier Seule GT2 avec boîte séquentielle à palettes
Britcar GT Championship 2012-2014 Multiples victoires Javier Morcillo Fiabilité et performances confirmées en Europe

Mais ce n’est pas tout : cette Mosler fera ses armes en Europe, notamment au British GT Championship, où le pilote espagnol Javier Morcillo en fera une véritable terreur des circuits entre 2012 et 2014, alignant pole positions et plusieurs victoires prestigieuses. Son design tranche aussi avec les standards européens, entre la rigueur du look McLaren et l’agressivité technique à l’américaine.

Il reste toutefois une frustration pour la marque : l’absence d’homologation GT3 ou GT2 officielle pour la MT900R, un obstacle venant notamment du gabarit du pare-brise jugé trop étroit par l’ACO (Automobile Club de l’Ouest), empêchant toute tentative de participation au vrai Graal des courses d’endurance, les 24 Heures du Mans.

Innovations techniques et philosophie minimaliste chez Mosler

La marque Mosler ne s’est jamais perdue dans les effets de style ou les gadgets superflus. Dès la première voiture, l’intention était claire : la simplicité et la légèreté avant tout. Le secret ? Un corps en fibre de verre (pour la Consulier GTP) ou en carbone (pour la MT900R), un moteur américain V8 connu pour sa robustesse et ses facilités d’entretien, et une attention de tous les instants au poids total.

Cette philosophie génère un avantage crucial : un rapport poids/puissance exceptionnel, qui permet à Mosler de rivaliser avec des titans comme Lamborghini, McLaren ou Aston Martin dans un registre poids/plaisir de conduite plutôt qu’un simple concours de chevaux-vapeur à outrance. Là où la plupart des supercars contemporaines accumulaient les électroniques et gadgets coûteux, Mosler conservait ce petit supplément d’âme que les puristes adorent : le pilotage brut, précis et engagé.

Cette approche technique n’exclut pas la modernité, comme l’atteste la MT900R et sa boîte séquentielle à palettes, une première dans le paysage des GT2 américaines. Un vrai bonheur pour les pilotes qui peuvent passer les vitesses avec une fluidité exceptionnelle, un avantage indéniable en compétition.

Caractéristique Approche Mosler Comparaison avec les autres GT
Poids 900 kg environ Bien plus légère que la plupart des Ferrari ou Porsche
Moteur V8 Chevrolet robuste et économique Plus facile et moins cher à entretenir que les moteurs européens
Boîte de vitesses Séquentielle à palettes Rare à cette époque dans sa catégorie
Corps & châssis Fibre de carbone monocoque Comparé aux carrosseries aluminium ou composites classiques

Pour creuser davantage sur la technique et la philosophie Mosler, il est conseillé de visiter cette page : Mosler, une marque à part ou encore cet article plus encyclopédique sur Wikipédia.

Les aventures commerciales et la pérennité d’une marque méconnue

Malgré un chassis racing impressionnant et des résultats probants, Mosler n’a jamais réussi à s’imposer comme un géant industriel. La marque a navigué entre passion, résilience et contraintes économiques. En 2021, Warren Mosler met en vente la marque, affichant un prix de 4 millions de dollars, symbolisant la fin possible d’une ère ou du moins un nouveau départ. Cette annonce a défrayé la chronique dans les sphères automobiles, rappelant que derrière chaque Bugatti ou Koenigsegg, il y a aussi le travail d’une petite équipe capable de réinventer la roue.

Les clients de Mosler sont souvent des passionnés qui recherchent non seulement la performance brute mais aussi une expérience rare, très différente de la production massive de Lamborghini ou Maserati. On retrouve ainsi dans les cercles de collectionneurs des MT900R parfaitement préparées pour l’endurance racing classiques, appréciées autant comme pièces de musée que comme bêtes de course pour des événements comme les Masters Endurance Legends ou Le Mans Classic.

Entre nostalgie et innovation, Mosler séduit par son audace tant technique qu’humaine. En 2025, ses voitures continuent d’évoluer dans les circuits historiques, où elles font face à des machines parfois deux fois plus chères mais pas forcément plus faciles à dompter.

Pour suivre la dernière actualité de la marque et des modèles d’exception comme la MT900R, rien de tel que ce site spécialisé : Ascott Collection Mosler MT900R ou cette revue d’actualité automobile : Mosler à vendre, un choc dans l’univers des supercar.

 

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