MPM Motors : histoire et évolution d’une marque automobile française

Table des matières

MPM Motors

Année de création :

2010

Arrêt de l’activité :

2020

Notes :

MPM PS160/ Erelis (ex TagAZ Aquila).

Statut :

Disparue

MPM Motors reste une étoile filante dans le ciel souvent impitoyable de l’industrie automobile française. Fondée en 2015, cette marque a incarné un rêve audacieux : proposer des voitures sportives abordables, avec une touche bien française. Contrairement à des mastodontes du secteur comme Renault, Peugeot ou Citroën, MPM Motors a joué les outsiders, jonglant entre ambition et réalité. Ancrée dans les Yvelines, la société s’est construite autour d’un héritage profond, celui de TagAZ, constructeur russe déchu. Malgré ses efforts pour moderniser son unique modèle, l’Erelis, et même pour penser à une gamme élargie avec un SUV et une citadine électrique, MPM n’a pas résisté aux vents contraires de la concurrence et aux aléas financiers. Aujourd’hui disparue, cette petite marque symbolise cette envie folle d’innover qui anime le secteur automobile en France, même lorsque le chemin est semé d’embûches.

L’épopée inattendue de MPM Motors : une naissance entre héritage et défi industriel

En 2015, les frères Igor et Oleg Paramonov mirent sur pied MPM Motors, non pas par pur hasard, mais en hommage à leur père, Mikhaïl Paramonov, ancien dirigeant de TagAZ, constructeur russe actif jusqu’en 2014. L’histoire familiale est d’emblée ancrée dans un univers fait de projets ambitieux et parfois mouvementés. TagAZ, avec sa fameuse Aquila—un coupé quatre portes développé avec l’aide de partenaires sud-coréens—avait puisé dans la dynamique automobile de son temps, avant de s’effondrer. Le relais pris par MPM Motors depuis Croissy-sur-Seine en France s’est voulu une renaissance et une tentative de réindustrialisation. Du rêve russe, une berline rebaptisée PS160 est née, bientôt révisée sous le nom d’Erelis en 2018, équipée d’un moteur Peugeot 1.2 PureTech, démontrant que même les petits peuvent dialoguer avec les géants comme PSA.

Ce choix pragmatique de recycler une plateforme existante, tout en injectant une dose de modernité via un moteur plus propre, est emblématique de la stratégie de MPM. En effet, dépenser des fortunes à concevoir une voiture from scratch dans un marché saturé serait aussi suicidaire qu’une Bugatti vendue à prix cadeau. Alors que Renault, Citroën ou Alpine se lancent dans l’électrique ou les SUV susurrés à coup de millions d’euros, MPM avait pour objectif de rester compétitive, en ciblant une niche de passionnés. Une niche difficile à atteindre, voire éreintante, comme un pilote solo sur une piste infestée de bolides d’usine.

Pourtant, la marque n’était pas dénuée d’ambition : créer 200 emplois à Trappes avec une production semi-artisanale, distribuer les voitures en Europe de l’Est, en Afrique du Nord et même en Amérique du Sud. Une aventure multiculturelle où se sont mêlées de nombreuses nationalités dans les coulisses de l’usine. Entre innovations techniques sur le châssis tubulaire, carrosserie en matériaux composites, et développement d’un réseau commercial, MPM Motors faisait preuve d’un dynamisme certain, une course d’endurance à travers un terrain miné par des régulations environnementales et… une pandémie mondiale.

Année Evénement clé Impact sur MPM Motors
2015 Fondation de MPM Motors en France Relance du projet Aquila sous le nom PS160
2016 Lancement de la production à Trappes Création de 200 emplois, homologation européenne
2018 Changement moteur pour un 1.2 PureTech PSA Renommage en Erelis, respect des normes environnementales
2019 Redressement judiciaire Début des difficultés financières majeures
2020 Liquidation judiciaire et cessation d’activité Fin de l’aventure MPM Motors
découvrez l’histoire fascinante de mpm motors, une marque automobile française innovante, de ses débuts jusqu’à son évolution récente. parcourez les étapes clés, les modèles emblématiques et le parcours singulier de cette entreprise passionnée d’automobile.

La PS160 devenue Erelis : petit modèle, grandes ambitions malgré les embûches techniques

La PS160, future Erelis, n’a jamais été destinée à voler la vedette aux stars hexagonales de la route comme la Renault Clio ou la Citroën C3. Son but n’était pas tant de révolutionner le segment des citadines mais plutôt d’offrir une voiture sportive accessible financièrement, à un public désireux d’une touche d’exclusivité sans casser sa tirelire. Sous son capot, le premier moteur était un un 1.6 essence Mitsubishi délivrant 100 chevaux, suffisant pour des balades urbaines et quelques escapades sur route sinueuse. Ce bloc a rapidement montré ses limites face à une réglementation environnementale devenue plus stricte ; un frein à l’enthousiasme de certains acheteurs avertis, sensibles à la sobriété et à la fiscalité automobile.

La collaboration avec PSA a sauvé la mise en 2018 en introduisant le fameux 3 cylindres 1.2 PureTech de 130 chevaux, déjà réputé dans les gammes Peugeot et Citroën. Une vraie bouffée d’oxygène mécanique et marketing ! D’un coup, la PS160 a basculé vers un produit plus crédible sur le marché. Le badging “Erelis” ajoutait une touche d’élégance, une promesse de nouveauté qui s’est cependant heurtée à un autre obstacle : le prix. Initialement positionnée sous la barre des 10 000 euros pour séduire les clients en quête de bonnes affaires, la montée des coûts structurels, des améliorations techniques et des taxes carbone ont rapidement dopé le tarif au-delà des 15 000 euros. Le malus écologique, particulièrement sévère en France, a dégonflé les ambitions d’entrer dans un segment facile.

Malgré ces difficultés, MPM Motors aura su se faire une petite place, notamment grâce à un réseau de distribution pas seulement hexagonal, mais également tourné vers les marchés émergents. L’Europe de l’Est, l’Afrique du Nord, ainsi que certaines contrées d’Amérique du Sud ont pu accueillir la berline au look « fastback » sympathique, avec ses dimensions compactes et son châssis tubulaire qui procurait une sensation sportive sans prétention. Même si la production restait artisanale, les quelques mordus d’automobile qui ont adopté la PS160/Erelis ont apprécié la prise de risque d’une marque fraîche, qui voulait casser les codes à l’heure où DS Automobiles ou Alpine s’imposaient comme des références du premium à la française.

Modèle Moteur Puissance (ch) Prix approximatif (€)
PS160 (2016-2018) 1.6 L Mitsubishi essence 100 ~9 900
Erelis (2018-2020) 1.2 L PureTech PSA 130 15 000+

La fin programmée d’une marque française : difficultés financières et liquidation judiciaire

Un détail important dans le récit de MPM Motors est la manière dont une passion peut se heurter à la réalité brutale des marchés. L’ambiance dans les coulisses n’était pas un long fleuve tranquille : malgré la ferveur d’une équipe cosmopolite et un savoir-faire reconnu, le constructeur n’a jamais bénéficié d’un soutien public ou bancaire à la hauteur de ses ambitions, ce qui s’est avéré fatal. La marque a été placée en redressement judiciaire en février 2019, puis en cessation de paiement à l’été 2019, avant de fermer définitivement ses portes en décembre 2020. Une « descente aux enfers » traduite très crûment dans les communiqués officiels.

Dans ce contexte, les clients un peu éparpillés entre France, Europe de l’Est et autres continents ont dû affronter l’angoisse de l’après-vente. Le service après-vente s’est vu contraint de demander aux clients de récupérer leurs voitures au plus vite, faute de quoi elles seraient mises en vente par le liquidateur à partir de mars 2021, avec les pièces détachées, parfois rares, devenues précieuses pour les mécaniques MPM. Entretenir aujourd’hui un MPM est devenu une aventure en soi, une sorte de chasse au trésor moderne.

Le choix de tenter de lancer une course dédiée, la MPM Cup en 2019, apparut comme une tentative désespérée de faire parler de la marque autrement que par ses difficultés. L’idée d’une compétition accessible techniquement faisait sens pour promouvoir l’image sportive de la maison, un clin d’œil aux courses automobiles mythiques où Venturi, Ligier ou même Panhard ont trouvé leurs lettres de noblesse. Mais face à l’ogre du marché, la petite écurie MPM n’a rien pu faire pour renverser la vapeur.

Projets avortés et héritage : quand l’avenir s’éteint en cours de route

Ce qui est poignant dans cette saga est de voir combien MPM Motors avait commencé à rêver grand. Avant sa chute, la marque planchait sur plusieurs nouveautés : un SUV nommé Vultur, une citadine électrique pour rivaliser à terme avec les ambitions des marques françaises emblématiques électriques telles que Renault et Alpine, ainsi qu’une berline et sa déclinaison break pour reprendre le flambeau de l’Erelis. Ces projets, encore embryonnaires, laissent imaginer que l’entreprise voulait vraiment s’inscrire dans la durée et répondre aux goûts d’une clientèle désormais sensibilisée aux énergies propres et à la polyvalence.

La liquidation a coupé court à ces développements, mais les frères Paramonov, porteurs d’un héritage familial en béton armé, n’ont probablement pas dit leur dernier mot. Une reconversion hors des frontières françaises est évoquée, laissant penser que cette histoire pourrait devenir un chapitre franco-international, où le savoir-faire hexagonal dialoguerait avec des marchés moins étroits. On peut rêver de voir dans un futur proche le savoir-faire MPM revivre ailleurs, peut-être porteur de leçons tirées d’une aventure tumultueuse.

Projet Type de véhicule Statut avant liquidation
Vultur SUV sportif Prototype presque finalisé
Citadine électrique Citadine économique et propre En phase de développement
Berline et break Remplaçants de l’Erelis Conception en cours

MPM dans le paysage automobile français : une petite marque aux ambitions à la française

Quand on parle de voitures françaises, on pense inévitablement à des géants comme Renault, Peugeot, Citroën, mais aussi à des perles plus exclusives telles que Bugatti, Alpine, ou encore DS Automobiles. MPM Motors a essayé de tirer son épingle du jeu en ciblant un créneau où le prix et l’originalité l’emportent sur la puissance médiatique. Cette stratégie rappelle celles de marques qui ont su s’imposer sur des segments pointus, comme Ligier avec ses microcars, ou Venturi, autrefois réputé pour son audace électrique et sportive. Même des marques plus anciennes comme Panhard ou Simca ont connu des parcours marqués par la passion et les coups d’éclat, souvent dans l’ombre des colosses.

MPM Motors et ses frères fondateurs ont donc incarné cette noble tradition française d’indépendants et de rêveurs, qui veulent mettre leur grain de sel dans un marché souvent synonyme de rouleau compresseur industriel. Certes, leur aventure s’est terminée de façon abrupte, mais ils ont démontré qu’il reste toujours de la place pour l’innovation, même dans les segments les plus concurrentiels et sous le poids des normes environnementales aiguës. Aujourd’hui, à l’heure où les constructeurs traditionnels comme Renault et Peugeot réinventent leurs modèles vers l’électrique, MPM Motors reste un exemple de cette ténacité souvent méconnue, porteuse d’espoir pour d’autres projets automobiles audacieux à venir.

Pour en savoir plus sur l’histoire de cette marque et son évolution, plusieurs articles et interviews méritent le détour, dont une interview exclusive d’Igor Paramonov qui explique en détail les coulisses de cette aventure ici. Des dossiers précis retracent aussi l’histoire de MPM Motors sur des plateformes spécialisées comme L’argus ou Caradisiac. Un tableau récapitulatif des faits marquants reste disponible sur Wikiwand, offrant un panorama clair de cette brève mais intense odyssée automobile.

 

Autres marques d'automobiles