Qui se souvient encore, dans le tourbillon effréné de l’histoire automobile, du nom d’OSI ? Pourtant, ce carrossier industriel turinois a incarné l’audace et la fantaisie si chères à l’industrie automobile italienne durant les sixties. Né d’une alliance inattendue entre des figures légendaires, OSI a, en pleine époque dorée de la Carrozzeria, transformé des châssis de Fiat, Ford, Innocenti et même Alfa Romeo en petits bijoux à la ligne sportive ou bourgeoise, mais toujours avec ce zeste de folie bien transalpin. Entre coups d’éclat au Salon de Turin et séries quasi confidentielles, OSI n’aura vécu qu’une décennie flamboyante. Son héritage, du flamboyant coupé OSI 20M TS à des prototypes extravagants, continue d’agiter la mémoire des passionnés. Place aux coulisses, coups de théâtre et anecdotes croustillantes de ce constructeur parfois oublié, toujours mythique. Vous pensiez connaître l’histoire du design automobile italien ? Accrochez-vous, car OSI n’a pas fini d’étonner !
Naissance d’OSI : dynamiques industrielles et ambitions italiennes
Penchons-nous sur la genèse d’Officine Stampaggi Industriali – pour les intimes, simplement OSI. Fondée à Turin en 1960, la société surgit dans un contexte d’après-guerre où la péninsule, entre Vespa et Lancia, se rêve sous le signe de la tôle emboutie et des chromes rutilants. Deux hommes, visionnaires mais surtout fins stratèges, sont à la manœuvre : Luigi Segre, déjà patron charismatique de la Carrozzeria Ghia, et Arrigo Olivetti de Fergat, réunissent leur savoir-faire entre design racé et outils d’emboutissage dernier cri.
À l’époque, que cherche-t-on chez un sous-traitant automobile en Italie ? Facile, une capacité à transformer un simple plan de designer en série limitée, et une souplesse qui ferait rougir n’importe quelle startup de 2025. OSI se distingue rapidement en alliant la rigueur industrielle de Fergat à la créativité flamboyante héritée de Ghia. Le premier client notable, Ghia justement, confie à OSI la mission de bâtir, en série ou à la demande, des carrosseries que beaucoup qualifient de magnétiques.
La société embauche dès 1962 plus de 645 personnes et sort 50 voitures par jour… Oui, 50 ! Un exploit pour une structure alors à mi-chemin entre l’artisan et le petit industriel. Ce rythme de production attire également des partenaires de renom tels qu’Fiat (pour la fameuse 1300/1500 familiale), Innocenti (avec la sportive 950 S), et d’autres qui cherchent à donner un supplément d’âme à leurs modèles. Petit à petit, OSI s’impose comme ce fabuleux caméléon de l’industrie automobile italienne : discret, mais capable de tous les miracles.
Mais le succès engendre parfois la démesure… ou les drames. Le décès prématuré de Luigi Segre, en 1963, laisse un vide abyssal. Ses parts passent dans les mains de Fergat, et Giacomo Bianco prend la direction. L’entreprise, fidèle à son ADN, ne s’arrête pas de produire des merveilles, mais la transition managériale introduit une touche plus « corporate ». OSI commence à lorgner sur l’export, et notamment l’Allemagne, avec ses promesses de volumes et de stabilité.
| Partenaires emblématiques | Modèles produits chez OSI | Années clés |
|---|---|---|
| Ghia | Fiat 2300S Coupé | 1961-1963 |
| Fiat | 1300/1500 Familiale | 1962 |
| Innocenti | 950 S | 1962 |
| Ford | Anglia Torino, 20M TS | 1965-1968 |
Au fil de ces associations hétéroclites, OSI se taille une réputation de faiseur de miracles. Et dans ce bal incessant de berlines racées et de coupés déroutants, la structure devient peu à peu incontournable. OSI n’était plus ce simple atelier italien. Il s’imposait dans les conversations des bureaux de design, bien loin des rumeurs de piazza. Pour découvrir d’autres visages oubliés de l’industrie, plonge alors dans des histoires comme celle de Daewoo ou de Auto Union.

Les modèles OSI : du coupé Ford aux projets d’exception
L’univers de l’automobile n’est jamais avare en anecdotes savoureuses, surtout quand il s’agit de modèles OSI. Prenons le fleuron, le tant convoité OSI Ford 20M TS Coupé. Cette auto, fruit d’un partenariat sans précédent, est le résultat d’une mission commando confiée à OSI par la filiale allemande de Ford, soucieuse de rivaliser avec les coupés endiablés de Pininfarina ou Bertone présents sur le marché européen.
Pour la petite histoire croustillante – et rien que pour titiller les puristes –, la commande tombe en 1965 : il faut donner à la Taunus 20M le look sexy d’une italienne prêt-à-sortir, mais made in Germany. À la baguette, Sergio Sartorelli, un designer aussi facétieux que talentueux (déjà responsable de la Fiat 2300 Coupé). Résultat : en un temps record, moins de dix mois, le premier proto est prêt. C’est un exploit que même les rois de la « dolce vita » n’auraient pas osé promettre à leurs mécènes.
La ligne OSI – tout en arrondis élégants, large calandre et profil affûté – est dévoilée au salon de Genève 1966 sous les yeux ébahis des badauds. La motorisation, elle, a de quoi intimider les jeunes conducteurs pressés d’impressionner : 6 cylindres Ford, 2 293 cm³, 110 chevaux, ça cavale à 180 km/h. Niveau consommation, prévoir un budget ravioli, car on frôle les 9,5 L/100 km en conduite paisible. Un détail, vu la classe de l’engin ! Et si vous rêvez d’en apprendre plus, faites donc un tour sur des sites comme News d’Anciennes ou plongez dans le vécu de proprios passionnés sur Auto ancienne à votre service.
Mais les coups de maître ne s’arrêtent pas là. OSI s’essaye aussi à des berlines de luxe pour Alfa Romeo, des prototypes farfelus à la sauce « silver fox » et, pour les plus audacieux, à des breaks familiaux sur base Fiat. Si la marque n’aura pas eu le temps de produire la version Spider de son 20M TS – un vrai crime pour les amateurs d’air libre –, la légende affirme que Ford a poliment refusé pour ne pas concurrencer sa future Capri.
Le tableau ci-dessous dresse un panorama – forcément enlevé – des modèles les plus notoires sortis des ateliers OSI :
| Année | Modèle | Base mécanique | Nombre d’exemplaires | Designer associé |
|---|---|---|---|---|
| 1962 | Innocenti 950 S | Innocenti Spider | – | – |
| 1965 | Ford Anglia Torino | Ford Anglia | – | Ghia |
| 1967 | OSI Ford 20M TS Coupé | Ford Taunus 20M | 2200-3500 | Sartorelli |
| 1967 | Alfa Romeo 2600 Berlina De Luxe | Alfa Romeo 2600 | – | – |
| 1968 | Silver Fox | Alpine Renault | Prototype | Michelotti |
À chaque modèle, OSI imprime une patte visuelle différente, oscillant avec maestria entre classicisme, pureté des lignes et audaces chromées. Véritables collectors aujourd’hui, ces véhicules sont traqués sur des plateformes de passionnés comme Caradisiac ou Guide Automobiles Anciennes. Bonne chance pour en dénicher une dans son jus… sauf si un heureux hasard vous fait croiser la route d’un collectionneur excentrique lors d’un rassemblement à Monza.
Design, innovation et influences : OSI face aux géants du style italien
Dans cette joute entre gangs de la carrosserie – Ghia, Pininfarina, Bertone, pour ne citer qu’eux –, OSI étonne. Moins tapageur que ses rivaux, le petit Turinois ose la diversité, passant sans transitions du coupé sportif à la familiale chic. À une époque où l’audace prime, OSI insuffle même une touche de modernité qui inspire parfois les « grands ». Savez-vous, par exemple, que la plateforme technique du 20M TS a ensuite été réinterprétée dans plusieurs autres projets ultra-limités ?
L’empreinte d’OSI, sur le terrain du design et de la conception, reste palpable chez les créateurs et les amateurs de rétro-tech. Impossible de parler de la marque sans évoquer ses collaborations directes avec des génies du style comme Michelotti sur le Spyder 1200S, ou Sartorelli, dont la réputation n’est désormais plus à faire. Plus qu’une marque, OSI fut alors le trait d’union entre l’industrie froide et l’inspiration fiévreuse.
Pour les férus de carrosserie décalée, d’autres pépites de l’histoire donnent la chair de poule, à l’image du mythe Oldsmobile raconté sur ce site passionnant ou des aventures de Berliet, pionnier hexagonal fasciné par les challenges.
Le quotidien d’OSI : anecdotes, ambiance d’usine et défis humains
Imaginez le tumulte d’une usine OSI en plein Turin des années soixante. Dans un ballet orchestré par les bruits de presses hydrauliques, les ouvriers s’agitent, rivalisant de dextérité pour transformer de banals châssis Ford ou Fiat en véritables œuvres d’art mécaniques. L’ambiance, à mille lieux du silence aseptisé des usines modernes, est électrique. On y croise parfois un designer excentrique dictant ses désirs, une poignée de carrossiers à l’italienne lançant des défis d’endurance à coups de paquets de cigarettes, tandis qu’un chef d’atelier tente de tenir son monde réveillé avec du verbiage coloré, façon Fellini.
Certaines anecdotes circulent encore – à voix basse – dans les milieux d’initiés. On raconte qu’un jour, un prototype d’OSI 20M TS aurait quitté discrètement la chaîne pour une virée improvisée sur les routes piémontaises, croisant une Alfa Romeo Berlina de luxe montée elle aussi par OSI : la rencontre au sommet, entre deux mondes cousus main.
Ces artisans, dont certains provenaient d’autres maisons italiennes comme Pininfarina ou Bertone, alternaient leur temps entre prouesses mécaniques et batailles d’anecdotes à la cantine. Le soir, certains planchaient encore sur la maquette d’un capot improbable ou sur le galbe d’un passage de roue, espérant décrocher le prochain contrat Ford ou Fiat. La rivalité entre modèles OSI et les créations concurrentes s’étendait jusque dans les vestiaires où les derniers potins sur la consommation d’un 6 cylindres Ford ou l’arrivée d’une nouvelle Alfa Romeo 2600 faisaient frémir les esprits.
L’organisation interne d’OSI, bien qu’exigeante, ressemblait à un joyeux chaos millimétré. Dans cette ambiance à la fois familiale et électrique, chaque nouvelle commande était synonyme de défi, et gare à celui qui voulait imposer une méthode trop rigide – on risquait un bronx digne d’un embouteillage au pied du Mole Antonelliana ! Pour s’imprégner de ce parfum d’usine révolue et savourer d’autres histoires du genre, le site Classic Car Passion offre quelques perles et regards décalés sur ces héros de l’ombre.
Loin des usines automatisées actuelles, OSI continue de faire rêver les passionnés car chaque modèle, même imparfait, porte la trace de cette époque vibrante. Ce souffle d’atelier transalpin explique pourquoi certaines restaurations d’OSI Ford ou de Fiat 1300/1500 font le bonheur des clubs et des forums spécialisés.
Déclin d’OSI : coups durs, fermeture et survivances inattendues
Mais toute belle histoire a ses orages. Pour OSI, les nuages commencent à s’amonceler dès 1967. La production s’essouffle, le marché des voitures de niche bat de l’aile face à la standardisation galopante. Les modèles Ford Anglia Torino et Innocenti 950 Spider voient leurs ventes décliner. Malgré une créativité toujours stimulante et un carnet d’adresses envié, OSI n’arrive pas à suivre le rythme imposé par les géants de Détroit et les nouvelles attentes des automobilistes européens.
Le Salon de Turin 1968 marque la fin d’une époque : OSI y présente son chant du cygne, le très raffiné Ford OSI 20M TS Coupé, avec la nostalgie d’une aventure qui touche à sa fin. L’année suivante, la société ferme son département automobile, recentre ses forces sur l’emboutissage pour d’autres carrossiers (toujours sous l’aile du groupe Magneto et Fergat, pour les curieux du détail industriel).
Le plus surprenant reste la longévité des véhicules OSI restants. Désormais, ces autos sont entrées dans la catégorie des modèles cultes, recherchés par collectionneurs et stars des plateaux TV vintage. Sur certains forums passionnés, on continue de s’arracher la moindre pièce d’origine ou le numéro de châssis authentifié ! L’héritage OSI se retrouve également dans des projets expérimentaux, comme l’Alfa Romeo Scarabeo ou la Silver Fox, qui continuent d’inspirer designers et amateurs d’excentricités sur roues, fort bien présentés sur Wikipedia et cette page dédiée.
À la dérobée, OSI subsiste à travers la mémoire des passionnés, les lignes ciselées des anciens modèles et la nostalgie palpable lors des rassemblements où une 20M TS croise une Fiat familiale OSI ou une vénérable Alfa Romeo made in Turin. Plus qu’une entreprise, OSI incarne cette capacité unique à défier les modes et à surprendre quand on s’y attend le moins.
Des histoires aussi riches attendent les curieux désireux d’explorer des légendes européennes comme Oakland, pionnier oublié, ou l’impact de Dongfeng sur l’industrie récente, visibles par exemple sur ce site ou Dongfeng.
La mémoire OSI et son influence dans l’automobile moderne
Soyons francs, rares sont les constructeurs disparus qui continuent de susciter un tel enthousiasme chez les aficionados des salons et les membres des clubs automobiles. Chez OSI, le charme opère encore, porté par une vision audacieuse du design et l’engagement d’ingénieurs aussi habiles que farfelus. Même les experts de grandes maisons comme Pininfarina ou Bertone reconnaissent cet héritage, souvent avec un sourire nostalgique. Il n’est pas rare de croiser, lors de ventes aux enchères ou d’événements spécialisés, un passionné prêt à tout pour remettre en route l’un de ces bijoux à la mécanique capricieuse.
Les plateformes web recensent avec ferveur chaque survivant : sur Guide Automobiles Anciennes ou La Voiture, on découvre parfois des OSI blotties dans une grange ou fièrement restaurées aux couleurs d’époque. Mieux encore, OSI s’est taillé une place dans l’imaginaire collectif : certains designers contemporains avouent s’inspirer de ses modèles ou de sa philosophie pour faire revivre l’esprit « petite série audacieuse » à l’heure des productions massives et aseptisées.
Mais le plus beau clin d’œil se trouve du côté des rassemblements et rallyes d’anciennes. Là, sur l’asphalte, les OSI croisent parfois des cousines mythiques : on entendrait presque Luigi Segre et Arrigo Olivetti chuchoter les recettes du bonheur automobile autour d’un cappuccino… Un final digne d’un scénario écrit par la plus espiègle des plumes italiennes. Et pour ceux qui veulent poursuivre le voyage, d’autres morceaux d’histoire émaillent les pages de Auto Reverse ou ce portrait de Léon Bollée.
En définitive, OSI reste la preuve la plus éclatante que dans l’industrie automobile italienne, rien n’est impossible quand la passion rencontre la technique. Vous voulez briller en société ? Citez OSI à côté de Ford, Fiat, Alfa Romeo, Ghia ou Pininfarina… et regardez les regards des vrais connaisseurs pétiller !




