Reliant, une icône atypique de l’automobile britannique : histoire et évolution

Table des matières

Reliant

Année de création :

1935

Arrêt de l’activité :

2002

Notes :

Trois‑roues et petites sportives.

Statut :

Disparue

Reliant évoque l’élégance farfelue made in Britain, la voiture drôle (parfois moquée), mais essentielle à la culture automobile du Royaume-Uni. Entre le chic décalé des modèles à trois roues et le panache sportif de la Scimitar adorée jusque par la famille royale, cette marque a bravé les tempêtes de l’histoire britannique. D’un garage discret de Tamworth jusqu’aux feux de la rampe des tournois de collectionneurs, Reliant ose ce que VW, Morgan ou Mini n’ont jamais tenté : transformer la bizarrerie en succès populaire. Dans ce tour d’horizon, l’aventure Reliant entremêle anecdotes croustillantes, coups de génie technique et naufrages spectaculaires, avec, en toile de fond, toute la panoplie des grandes marques européennes et britanniques. De la Regal à la Robin, de l’échec de la Scimitar SS1 à la résilience façon “La Panthère Rose” de la Scimitar GTE, suivez cette saga où l’humour n’est jamais loin du capot et où la fibre de verre sauve la mise face à la rouille. En route pour un voyage “so British” chez les trublions de l’élégance automobile.

L’ascension de Reliant : une révolution sur trois roues dans le paysage automobile britannique

Quand le quidam songe à l’automobile anglaise, c’est souvent la Jaguar de James Bond ou la Mini des courses poursuites de l’Italie qui accapare la case mémoire. Pourtant, entre deux crash-tests farceurs sur les chaînes de la BBC, Reliant forge une légende sur ses trois roues, défiant la gravité, la logique et parfois même le bon sens. Créée en 1931 à Tamworth, la marque part à l’assaut des rues humides britanniques avec un credo limpide : permettre à tout un chacun de motoriser sa vie, surtout quand les finances et la place dans le garage peinent à suivre.

Dès son origine, Reliant s’engouffre sur un créneau peu sexy mais diablement ingénieux : le tricycle motorisé. C’est le paradis fiscal des économies d’assurance et de taxes. La Regal, puis la Robin et la Rialto, permettent à Mr et Mrs Smith de rouler sous la pluie avec l’espoir de ne pas finir sur le toit. Pourquoi trois roues ? Simple : légalement, ces véhicules se conduisent… avec un permis moto. Pas besoin de passer le redouté code auto !

Déjà, au début des années 60, d’autres constructeurs tentent la ficelle, de Morgan à Peel, mais Reliant rafle le marché. En cause : une rare capacité d’innovation (bonjour la fibre de verre !), une modularité inédite (berline, break, pick-up) et un appétit pour l’export. Même Rover ou Vauxhall en restent coi devant l’hyperactivité de la firme de Tamworth.  Strange mais efficace, non ?

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La fibre de verre : bouclier anti-rouille et argument marketing décapant

Au pays où la pluie est reine et la corrosion sa fidèle dame de compagnie, Reliant sort l’atout ultime : la caisse en fibre de verre. Tandis que les Berlines britanniques classiques subissent les affres de Dame Nature, la petite Robin rayonne avec son slogan culte : « Les inrouillables ». C’est frais, c’est léger, et même si le bruit de caisse claque un peu en cas de collision, c’est une aubaine pour la longévité. Bientôt la marque s’exporte : Belgique, Pays-Bas, même le Moyen-Orient y croient dur comme fer.

Résultat ? Entre 1960 et 1990, Reliant devient le second plus grand constructeur anglais, loin devant bien des tentatives plus « sérieuses », glanant plus de 2 millions de véhicules vendus, selon les archives officielles. Qui a dit qu’il fallait quatre roues pour faire fortune en Grande-Bretagne ?

Modèle Année de lancement Motorisation Particularité
Reliant Regal 1952 OHV 600cc Premier tricycle à succès
Robin 1973 750/850cc Star de la fibre de verre
Rialto 1982 850cc Remplaçante de la Robin, look modernisé
Kitten 1975 850cc Quatre roues pour changer !

Reliant entre innovation et sportivité : la grande saga de la Scimitar GTE

Parmi les figures truculentes du bestiaire Reliant, la Scimitar s’impose comme une bête à part. Imaginée dans la foulée de la vague “coupé shooting brake” des années 60, la Scimitar GT puis surtout la Scimitar GTE (Gran Turismo Estate), débarque en 1968 avec un style aussi tranchant que le nom l’indique. Là où Lotus, Caterham et Triumph se chamaillent la cour des sportives, Reliant leur vole la vedette… en misant sur le V6 Ford, la modularité et un coffre digne d’un break familial.

Rapide, racée et pratique, la GTE s’invite même dans la cour de la famille royale : la princesse Anne, jamais la dernière pour titiller le volant, en possédera plusieurs. Rapidement, le modèle séduit ceux qui jonglent entre envies sportives et besoins familiaux. Que dire des collègues passionnés, fiers comme des coqs au volant de cette Anglaise pas comme les autres ? La concurrence (coucou Austin ou Jaguar) observe d’un œil jaloux cette déferlante de fibre au profil unique.

En savoir plus sur la Scimitar GTE

Quand le break se fait sportif

La Scimitar GTE, c’est le genre de voiture qui fait tourner les têtes et détourne les conventions. Pourquoi choisir entre une familiale et un coupé sportif, quand on peut avoir les deux ? Et attention, pas question de laisser la rouille décider de la durée de votre idylle avec cette auto : la fibre de verre des Reliant est là, fidèle au poste.

La SE6, évolution phare des années 70, adopte un châssis monocoque costaud, une suspension taillée pour les virages et, cerise sur le pudding, des performances routières sympathiques. Imaginez le regard médusé d’un propriétaire de Caterham ou de Mini découvrant le coffre de la GTE : la sportive qui accepte sans broncher valises, poussette, et set de croquet. Et si l’envie d’imiter la noblesse anglaise vous prend, sachez que conduire une GTE est toujours d’un chic insolent, que ce soit sur route de campagne ou à la sortie du polo.

Fiche technique complète Scimitar

Version Moteur Puissance Volume coffre Reine du bitume ?
GTE SE5 Ford V6 3,0L 138 ch 800 L Oh yes !
GTE SE6 Ford V6 2,8L 135 ch 860 L Encore mieux !
GTC Cabriolet Ford V6 2,8L 135 ch 700 L Avec les cheveux au vent

Il serait injuste d’oublier les “petits” modèles sportifs de la gamme. Alors que la coupe GTE fait carton plein, Reliant tente l’aventure du roadster abordable avec la SS1 dans les années 80. Un design osé (trop, diront certains !) mais malheureusement, la compétiteur Mazda MX-5 roule sur ses espoirs. Comme quoi, même chez les Anglais, on ne gagne pas à tous les coups.

Les montagnes russes de Reliant : crises, reprises, et la fin du tricycle

Tout bon feuilleton britannique a son lot de rebondissements, et la saga Reliant n’échappe pas à la règle. Les années 80 sonnent le début des complications : la concurrence s’intensifie, les modes changent, la petite Robin vieillit. Reliant tente de se renouveler : la Kitten (cette fois, quatre roues, attention !) fait de l’œil aux conducteurs économes, la Fox s’aventure même du côté des pick-up. La Robin, elle, ne désarme pas et s’offre même une version break, histoire de titiller la clientèle familiale qui hésite avec une bonne vieille Austin.

Malheureusement, l’économie n’épargne personne. Malgré une tentative de renouvellement en 1999 – nouvelle Robin, nouvel espoir – la revente du modèle à B&N Plastics sonne le glas : en 2002, la Robin tire sa révérence, la larme à l’œil, après 65 ans de bons et loyaux services (en édition limitée, s’il vous plaît : collector assuré). Si le marché s’en amuse encore, n’oublions pas que Reliant aura battu sa coulpe avec brio, restant longtemps le baromètre de la créativité (et parfois du flegme) britannique.

L’aventure Metrocab : taxis, gags et coups de théâtre

Pour tenter un retournement audacieux, Reliant s’essaie à la construction du célèbre taxi londonien Metrocab dès 1986. Une bonne idée sur le papier, mais qui ne suffira pas à éviter la banqueroute. L’histoire se répète alors : reprises successives, liquidations à la chaîne, jusqu’à la fermeture définitive de Tamworth et le transfert vers d’autres horizons. Un épilogue à la hauteur de la fantaisie Reliant, oscillant entre darwinisme industriel et humour anglais pur jus. Pas de happy-end, mais une véritable ode à l’ingéniosité. Si l’envie de revisiter les grandes heures du Metrocab ou de la Robin vous prend, plongez dans les archives sur leur logo ou l’historique sur les mutations des marques de l’époque. Pas sûr que James Bond approuverait, mais on ne demande pas son avis.

Reliant et ses consœurs : panorama des marques anglaises atypiques

L’aventure Reliant puise son énergie dans l’écosystème automobile britannique, où chaque blason cultive sa spécialité : Lotus pour le raffinement sportif, Caterham pour la radicalité lightweight, Morgan pour son goût du rétro (et un peu la même folie des trois roues), Triumph pour les roadsters à moustaches. Reliant s’offre ainsi le luxe d’incarner l’esprit d’innovation dans un pays amoureux de ses traditions… et de ses paradoxes.

Mieux, le succès de la fibre de verre inspire bientôt d’autres créateurs. Même Austin, Vauxhall ou même Rover y vont de leur petite expérimentation composite. Esthétiquement, les modèles Reliant n’ont jamais cherché à singer la concurrence : on rit, on s’étonne, mais on s’incline devant le courage de la démarche. Les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui les Robin, Scimitar ou Kitten comme autant de trésors d’amateurs éclairés. Et qui osera dire que le bon vieux tricycle n’a pas gagné ses lettres de noblesse, quand on croise la mythique Robin à côté d’une Mini qui la regarde avec dédain ?

Héritages croisés et curiosités mécaniques

Toutes les grandes marques anglaises possèdent leurs anachronismes géniaux ou maladroits. Difficile d’oublier la Morgan 3-Wheeler, qui, bien avant les scooters urbains branchés, offrait déjà le grand frisson à l’heure du thé. De son côté, Caterham perpétue la lignée des Lotus Seven, là où Reliant assume la différence. Que dire des entêtés de Triumph, Austin ou même Jaguar, qui rivalisèrent souvent pour séduire le gentleman driver, sans jamais oser la déraison d’un tricycle, fusse-t-il un succès d’édition.

Pas étonnant que la reputation de la Robin oscille entre moqueries et affection candide. Après tout, il faut bien un peu d’autodérision pour traverser les gels de Wolverhampton en équilibre sur une roue de trop (ou de moins). Votre voisin collectionne une Austin 7 ? Proposez-lui une virée en Robin, fous rires garantis !

La saga BMC et autres excentricités
Microcars : Casalini et cie

Marque Modèle atypique Caractéristique
Morgan 3-Wheeler Moteur V-Twin en tête
Lotus Elite Première GT fibre de verre
Caterham Seven Pureté poids/plaisir
Reliant Robin Tricycle populaire
Triumph Herald Bestseller accessible

Reliant dans la culture populaire et la passion des collectionneurs en 2025

Difficile de parler de Reliant sans glisser sur la pente de la pop culture. Qui n’a jamais vu la Robin voler à travers la série Mr. Bean, ou piqué une crise de rire devant les cascades burlesques de Top Gear ? Sans le vouloir, la marque est devenue la mascotte des conducteurs farceurs, intronisée dans la légende pour son panache et sa trajectoire… parfois incertaine. En 2025, sur les réseaux sociaux comme dans les clubs de collectionneurs, la Robin et la Scimitar continuent d’alimenter débats, restaurations, défis mécaniques et rassemblements chaleureux.

Les grandes messes des véhicules anciens voient parader les Reliant aux côtés de Morgan, Austin et Lotus. Certains passionnés extirpent du garage leur Mini pour exhiber une Robin customisée ou une Scimitar restaurée façon concours d’élégance. L’engouement ne faiblit pas : pièces détachées, groupes Facebook, bourses d’échange et même tutoriels TikTok s’entrelacent pour célébrer ces curiosités roulantes. Classic Car Passion ou la saga des microcars relatent sans relâche les faits d’armes de ces pionniers.

Un marché de collection en pleine effervescence

La rareté, l’originalité et l’audace technique font grimper la cote des Reliant comme jamais. Entre un coup de cœur pour une Scimitar de la grande époque et le plaisir décidément coupable de s’offrir une Robin pour le fun, l’offre ne suit plus toujours la demande : les restaurateurs s’arrachent les épaves, les clubs multiplient les sorties thématiques, et même les reconversions électriques pointent le bout du capot. Ce n’est pas demain que la fibre de verre passera de mode, d’autant que les comparaisons mordantes avec Triumph ou Caterham font toujours recette au pub du coin. On parie qu’au prochain rassemblement, il y aura plus de blagues sur la Robin que d’ombrelles sur le parking de Lotus ?

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Seule certitude : au royaume de l’humour et de l’originalité mécanique, la marque Reliant règne en icône absolue. Prêt à tenter l’aventure ?

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