Touring Superleggera, une icône du design automobile italien

Table des matières

Touring Superleggera

Année de création :

1926

Arrêt de l’activité :

En activité

Notes :

Carrossier historique, relancé en 2006.

Statut :

Active

Icône italienne incontestée, Touring Superleggera a façonné l’histoire du design automobile avec une audace rare, des solutions techniques bluffantes, et un sens esthétique si affûté qu’on pourrait couper du parmesan dessus. À l’heure où les carrossiers tels que Pininfarina, Bertone ou Carrozzeria Zagato rivalisent de créativité, Touring impose un style unique : lignes épurées, carrosseries super légères et collaborations mythiques avec Ferrari, Maserati, Alfa Romeo et Aston Martin. Que ce soit par ses victoires en concours d’élégance ou par la folie douce de ses concepts modernes, la maison milanaise demeure une rock star pour amateurs exigeants, ceux qui savent qu’une voiture italienne, c’est un peu plus qu’une machine – c’est un art de vivre avec une pointe d’insolence. Aujourd’hui encore, pendant que d’autres rêvent de Tesla, les passionnés font briller la calandre chromée d’une Disco Volante. Préparez-vous à survoler près d’un siècle de chefs-d’œuvre roulants, excentricités raffinées et anecdotes épicées : la saga Touring Superleggera, c’est du pur concentré d’esprit italien, sauce Milano.

Les origines de Touring Superleggera : de l’artisanat à l’icône mondiale

Derrière la légende de Touring Superleggera se cachent deux compères au flair visionnaire : Felice Bianchi Anderloni et Gaetano Ponzoni, avocats de leur état (eh oui, rien à voir avec le cambouis au départ !). En 1926, ils reprennent Carrozzeria Falco, un petit atelier milanais, et posent les bases d’une aventure qui va faire trembler la botte italienne et bien plus loin encore. On les retrouve, manches retroussées, au numéro 65 de la Via Ludovico da Breme, pas loin des usines Alfa Romeo et Isotta Fraschini. La proximité, c’était pratique quand on voulait aller taper à la porte des voisins et leur proposer un nouveau design – “Ciao, ça vous dirait que votre prochain châssis ait un look qui épate toute la Lombardie ?”

Mais Touring ne joue pas dans la même cour que les carrossiers traditionnels. Sous l’impulsion d’Anderloni, qui est plus designer que mécano, la société s’empare de la technique Weymann menée à la baguette par… un Français (sacrilège !). Il fallait oser. Elle consiste à recouvrir une ossature fine de tissu, comme une voiture déguisée en pyjama chic, ce qui rend la carrosserie légère… mais pas franchement pratique si on aime l’autolaveuse. Rapidement, les premières commandes affluent : Alfa Romeo, Citroën, mais surtout ce fameux Isotta Fraschini Flying Star de 1927, d’une exubérance telle qu’un certain Bugatti s’en serait étouffé d’admiration.

Touring Superleggera n’est pas le seul à vouloir bousculer l’Italie. Pininfarina, Bertone et Carrozzeria Ghia alignent aussi les chefs-d’œuvre comme d’autres collectionnent les grains de risotto. Mais Touring possède une arme secrète : un sens de l’esthétique quasi radioguidé et l’art de convaincre tous les constructeurs de la péninsule, de Fiat à Saab. Le résultat ? Un palmarès de réalisations sur mesure et d’innovations qui fait pâlir d’envie les plus belles pages de l’histoire automobile.

Il suffit d’examiner la liste des constructeurs ayant fait appel à Touring pour comprendre le phénomène : Ferrari (avec la mythique 166 MM Barchetta), Alfa Romeo (les légendaires 6C et 8C), Maserati, Lancia, sans oublier Aston Martin ou encore Bentley. Chacun y va de son partenariat, car cette équipe sait jongler avec aluminium, courbes sublimes et technologies dignes d’un film de science-fiction. À chaque modèle, Touring affirme plus fort son identité : celle d’un carrossier qui ne se contente pas d’habiller les mécaniques, mais qui réinvente l’idée même du beau sur quatre roues.

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Face à la concurrence féroce de noms comme Italdesign et Carrozzeria Zagato, Touring ne tremble pas. Loin de l’usine grise ou du bureau d’études triste, on imagine l’atelier milanais plein de rires, de gestes exubérants et de “Mamma mia, regardez ce prototype !”. Alors, à l’heure où l’on parle de révolution électrique, la saga de Touring, c’est le rappel en filigrane du lien entre artisanat, audace et prestige à l’italienne : une véritable masterclass du style et de l’ingéniosité.

La révolution Superleggera : l’invention qui a changé l’automobile

L’innovation signée Superleggera ? Une histoire d’allègement digne d’un régime méditerranéen : beaucoup d’élégance, très peu de graisse. En 1936, Felice Bianchi Anderloni peaufine une structure fondée sur de fins tubes d’acier, formant la silhouette du véhicule, recouverts de panneaux d’aluminium tout aussi fins que la patience d’un douanier italien devant un break anglais. C’est un peu le yoga des carrossiers : versatilité maximale, rigidité olympique, et surtout une légèreté qui ferait passer les autres autos pour des haltérophiles du dimanche.

Le système Superleggera était même tellement malin que tout le monde s’est mis à le copier… ou à le licencier (moyennant de petits chèques, pas fous chez Touring). La technique équipe la fine fleur des constructeurs : la mythique Alfa Romeo 8C 2900 Mille Miglia, la flamboyante BMW 328 ou la sculpturale Ferrari 166 MM. C’est aussi cette méthode qui a mené à la création en 1937 de l’Alfa Romeo 6C 2300B, témoin du savoir-faire italien dans toute sa splendeur.

Mais pourquoi cette technique a-t-elle tant révolutionné l’industrie ? Tout simplement parce qu’elle permettait de dessiner (presque) tout ce qu’on voulait. Un acheteur exigeant ? Touring proposait une carrosserie au goût du client, aussi vite qu’un serveur napolitain pour le café. Les voitures n’étaient plus de banales caisses roulantes, mais de véritables sculptures taillées sur mesure, comme en atteste le grand tableau ci-dessous, comparant la Superleggera à d’autres méthodes du moment.

Technologie Carrossier Légèreté Liberté de design Solidité
Superleggera Touring ★★★★★ ★★★★★ ★★★★☆
Monocoque acier Bertone, Pininfarina ★★★☆☆ ★★★☆☆ ★★★★★
Châssis carrosserie bois/tissu Weymann, Donkervoort ★★★★☆ ★★★★☆ ★★☆☆☆
Châssis tubulaire acier Carrozzeria Ghia ★★☆☆☆ ★★★☆☆ ★★★★☆

À l’époque où la mode était à la lourdeur, Touring débarque donc avec une recette presque diététique. Plus rapide, plus maniable, moins gourmande… et surtout capable de décrocher une médaille d’or du style lors de tous les concours d’élégance, y compris le vénérable Concorso d’Eleganza Villa d’Este.

Aujourd’hui, la méthode Superleggera fait encore rêver les amoureux d’automobile, tout en inspirant certaines créations modernes et délires d’ingénieurs à la recherche de cette fameuse “recette qui rend le spaghetti aussi léger qu’un nuage”. Du rétro, oui, mais diablement futuriste ! On retrouve ainsi la philosophie Superleggera dans nombre de concept-cars récents qui tentent de fusionner design vintage et avancées technologiques. Autant dire que le système, bien qu’inventé en 1936, n’a pas pris une ride à l’ère 2025, inspirant jusqu’aux jeunes pousses innovantes comme Tazzari et leurs voitures électriques aux coques ultra-légères.

Touring Superleggera et les collaborations mythiques : Ferrari, Maserati, Alfa Romeo, Lancia, Aston Martin

Aucun carrossier italien n’a tissé autant de liens avec les géants de l’automobile que Touring Superleggera. Collaborer, c’est dans leur ADN. Dans l’histoire du design, certains mariages sont entrés dans la légende : la fameuse Ferrari 166 MM Barchetta, œuvre de Touring, qui a laissé tout le paddock bouche bée dès 1948. Les Ferrari actuelles arborent toujours une calandre “œuf de poule” directement inspirée de cette création – un clin d’œil durable à l’art de la maison milanaise.

Penchons-nous sur la collaboration avec Maserati. Trois exemplaires exclusifs du Maserati 5000 GT Scià di Persia sont sortis des ateliers de Milan, dont un fait rêver encore tout un royaume, celui d’Iran. Les Alfa Romeo 6C 2500 et 8C 2900 réalisées par Touring ? De pures caresses mécaniques, à la fois féroces sur la route et délicates dans le détail, redéfinissant ce que devait être une GT de l’après-guerre.

Côté Lancia, les Flaminia GT ou GTL, c’est l’histoire d’un coup de foudre entre innovation technique et élégance sobre. L’une des plus grandes surprises reste la mainmise de Touring sur la mythique Aston Martin DB4 (et ses sœurs DB5, DB6) : imaginez James Bond dans une carrosserie anglaise… mais signée par des Italiens enthousiastes, le résultat fait aussi sensation qu’une Vespa au marché de Camden. Preuve ultime de reconnaissance : Aston Martin rachète une licence Superleggera et l’installe à Newport Pagnell, histoire de fabriquer les DB4 sous l’œil avisé des ingénieurs italiens un brin moqueurs (“Nice job, but have you tried with a little more… bella figura?”).

La tradition continue aujourd’hui avec des projets sur-mesure et des éditions ultra limitées, telles que la Bentley Continental Flying Star présentée en 2010, ou la sublime Alfa Romeo Disco Volante, hommage roulant aux follies aérodynamiques des années 50. Pour les puristes, chaque nouvel accord entre Touring et un constructeur – que ce soit une Ferrari, une Maserati ou une intrigue digne d’un roman anglais avec Aston Martin – fait l’effet d’un espresso au réveil : ça percute, avec panache.

Constructeur Modèle phare réalisé par Touring Anecdote croustillante
Ferrari 166 MM Barchetta Première victoire aux Mille Miglia
Alfa Romeo 8C 2900 Coupe, Disco Volante Prototype “soucoupe volante” testé en soufflerie
Maserati 5000 GT Scià di Persia Voiture dessinée pour le Shah d’Iran
Lancia Flaminia GT, GTL Polyvalence entre coupé et cabriolet
Aston Martin DB4/DB5/DB6 Licence Superleggera intégrée en Angleterre

Cette capacité à sublimer les mécaniques d’autrui tout en imposant sa propre patte fait de Touring Superleggera le sésame des connaisseurs. Ceux qui souhaitent explorer d’autres fusions audacieuses pourront s’inspirer des alliances improbables entre Donkervoort, Tatra ou encore Suzuki, indiquées sur des ressources pointues.

Touring Superleggera à l’heure moderne : résilience, renaissance et créations d’exception

Après des décennies dorées, la mécanique s’enraye dans les années 1960. La montée des structures monocoques et la volonté des constructeurs à internaliser le design marginalisent Touring… jusqu’à la cessation de production en 1966. Mais tel le phénix milanais, la marque renaît ! Les années 2000 voient son rachat par des investisseurs passionnés, le redémarrage de l’activité en 2006 et, très vite, la création de concept-cars capables d’agiter tout le gotha automobile comme lors d’une remise du Ballon d’Or, version moteur V12.

La force de Touring aujourd’hui ? Un positionnement quasi élitiste, proposant des voitures de série ultra limitée et des restaurations qui transforment chaque auto en pièce de musée roulante. Les projets modernes, comme la Bellagio Fastback (sur Maserati Quattroporte), ou l’incroyable A8GCS Berlinetta Touring, prouvent que le sur-mesure n’a pas d’âge et que l’Italie sait faire vibrer la corde sensible des collectionneurs.

L’arrivée du Bentley Continental Flying Star, version shooting-brake de la célèbre britannique, puis le Gumpert Tornante (germanique, mais musclé à l’italienne !), marquent la capacité de Touring à ne jamais prendre ses aises plus de deux minutes – l’innovation, c’est 24h/24. Mais le sommet de la modernité, c’est l’Alfa Romeo Disco Volante, hommage vivant (et roulant) à l’époque des “ovnis” automobiles. Coup de génie, la Disco Volante Spyder version 2016 achève d’assoir le mythe, raflant prix et ovations lors du Concorso d’Eleganza Villa d’Este (eh oui, toujours ce rendez-vous de l’élégance, là où les Ferrari, Pininfarina et Bertone viennent aussi faire admirer leurs coups de crayon).

Modèle contemporain Base technique Nombre d’exemplaires Spécificité
Alfa Romeo Disco Volante 8C Competizione 8 Design emblématique, prix design 2013
Berlinetta Lusso Ferrari F12berlinetta 5 Aluminium/carbones, trois volumes
Aero 3 Ferrari F12 < 20 Aileron dorsal, pas de lunette arrière
Arese RH95 Ferrari 488/F8 6 variations Premier modèle à moteur central arrière
Veloce12 Ferrari 550 Maranello 30 Restomod moderne, style GT légendaire

Ce renouveau s’inscrit dans la mouvance mondiale où patrimoine rime avec innovation, à l’instar d’autres légendes ressuscitées. De la restauration à la création, Touring inspire, étonne et décomplexe la tradition, le tout sans une ride et toujours la mèche dans le vent.

L’empreinte culturelle et l’esprit Touring Superleggera aujourd’hui : humour, excentricité et héritage

Si on demande à un passionné ce que représente Touring Superleggera, il sortira un discours inspiré, les yeux brillants et le sourire un peu moqueur. La marque milanaise incarne plus qu’une griffe technique : c’est un tempérament. L’esprit Touring, c’est croire obstinément que chaque voiture mérite un soupçon de folie, un charme espiègle, et qu’on peut conjuguer performance et beauté sans piocher dans le catalogue IKEA.

Touring cultive l’art du paradoxe : capable de collaborer avec la très sérieuse Aston Martin tout en saupoudrant son style d’inspiration “soucoupe volante” (oui, la Disco Volante !), ils n’en font qu’à leur tête. Leurs ingénieurs jurent que le tunnel de soufflerie, ils l’utilisent aussi pour faire sécher leurs chemises pendant le rush des concours… D’autres carrossiers comme Carrozzeria Zagato, Carrozzeria Ghia, ou Teilhol assument aussi ce grain de folie, mais Touring le porte comme un drapeau.

Ce panache n’a d’égal que le goût des concours d’élégance, ces événements où on juge la ligne d’une carrosserie comme on note les plongeons aux Jeux Olympiques. Rares sont les éditions de Villa d’Este ou du Pebble Beach Concours sans un exemplaire signé Touring au sommet du palmarès. Et quand un modèle Alfa Romeo ou Maserati remporte la Coppa d’Oro, c’est la fête toute la nuit – façon milanaise, bien sûr.

Au-delà du prestige, l’influence de Touring s’étend aux jeunes designers et ingénieurs qui rêvent de laisser leur empreinte, convaincus que, oui, la beauté importe. Sur le site officiel ou encore à travers les nombreuses restaurations iconiques, l’héritage de la marque se perpétue, entre humour décalé et perfectionnisme inoxydable. Chacun rêve de croiser, un jour, sur une route déserte, la silhouette surgie d’une époque où l’automobile respirait l’élégance pure… et la blague bien sentie sur la concurrence (clin d’œil appuyé à Bertone, dont l’humour n’est plus à prouver non plus !).

L’histoire de Touring Superleggera résonne aujourd’hui comme une invitation à conjuguer sérieux et légèreté. Alors, prêts à embarquer dans une aventure où chaque virage est une surprise et chaque accélération un pied de nez à la routine ? Le mythe continue, entre souvenirs étincelants, innovations espiègles et rêves à toute vitesse !

 

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