Pegaso, l’histoire fascinante d’un constructeur automobile espagnol emblématique

Table des matières

Pegaso

Année de création :

1946

Arrêt de l’activité :

1994

Notes :

Poids lourds; sportives Z‑102 (1951‑58).

Statut :

Disparue

Pegaso, le nom claque déjà comme le hennissement d’un cheval légendaire prêt à dévorer l’asphalte ! En quelques décennies seulement, cette marque espagnole mythique a tissé une épopée digne d’un film hollywoodien, à base de prouesses technologiques, de camions robustes et d’un parfum de prestige qui plane encore sur les circuits et les routes, 35 ans après sa disparition officielle. Fruit de l’ingéniosité espagnole dans une période de renouveau industriel post-Seconde Guerre mondiale, Pegaso aura été le rendez-vous manqué des collectionneurs et la coqueluche des amateurs de belles mécaniques, oscillant sans vergogne entre camions mastodontes et bêtes de course sculpturales. Si aujourd’hui Pegaso n’est plus, son histoire, elle, continue de faire vibrer les amateurs de quatre roues et nourrit une fascination sans limite, à la croisée des mythes industriels comme Hispano-Suiza, des sigles énigmatiques comme ENASA, et des personnages hauts en couleur comme le génial Wifredo Ricart. Accrochez vos ceintures, car la saga Pegaso, c’est bien plus qu’une simple histoire d’industrie : c’est un galop effréné mêlé d’élégance, de sueur et de moteurs rugissants, qui fait encore pâlir d’envie SEAT, Simca España ou même Barreiros !

Naissance de Pegaso : des ruines à l’audace industrielle espagnole

Difficile d’imaginer aujourd’hui, en 2025, ce qu’a représenté l’explosion Pegaso pour une Espagne exsangue dans la seconde moitié du XXe siècle. Juste après la Seconde Guerre mondiale, alors que l’Europe panse encore ses plaies, l’Espagne, isolée, a la gueule de bois industrielle. Sur ce terrain cabossé, l’Institut National de l’Industrie (INI) tire son va-tout pour relancer la machine à produire du rêve et du carburant économique. Pegaso voit le jour en 1946, un peu comme un Phoenix espagnol, succédant à Hispano-Suiza dont elle reprend les locaux barcelonais de La Sagrera. Le fait d’incarner la supériorité mécanique nationale, dans une époque où même les routes étaient plus cabossées qu’un vieux citron, c’est déjà quelque chose !

La création de ENASA (Empresa Nacional de Autocamiones) signe le démarrage de Pegaso, dont le logo majestueux (un cheval ailé échappé de la mythologie grecque) trône très vite sur les camions et autocars. Le capitaine du navire ? Wifredo Ricart, pur produit du génie catalan, et ancien de la maison Alfa Romeo, où il avait croisé le fer – ou plutôt la clé de douze – avec un certain Enzo Ferrari. On commence direct fort !

La mission de Pegaso n’a rien de mondain : il faut redresser l’économie et fournir aux Espagnols les outils de la reconstruction. Résultat : des camions solides comme le chêne, indispensables à tous (de la construction à l’armée). À côté, Seat ou Barreiros essayent d’exister, mais il faut avouer que sur le plan du camion en sidérurgie, Pegaso, c’est Hulk déguisé en livreur de pains au chocolat.

Année Événement-clé Lien connexe
1946 Fondation de Pegaso par ENASA, reprise de l’usine Hispano-Suiza Voir le guide
1951 Lancement de la Pegaso Z-102, la supersportive espagnole La perle espagnole
1983 Lancement du camion Pegaso Troner, fierté du segment poids lourds Héritage IVECO
1990 Absorption de Pegaso par IVECO Histoire Ebro

La stratégie de Ricart est simple comme un moteur à injection : faire du costaud, du fiable, et démontrer que l’Espagne n’est pas vouée à regarder passer les trains… ni les voitures (du moins, pas de l’arrière !). Grâce à la robuste gamme de véhicules, Pegaso se pose vite en rival de Barreiros et Iberauto. Les routes espagnoles se couvrent alors de mastodontes siglés Pegaso, alors que la concurrence (coucou Seat Cupra et Santana Motor !) rame un peu côté aura, malgré leurs efforts louables.

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La prochaine escale de ce voyage nimbé de gasoil et de bravoure : le pari fou de la Z-102. Quelle mouche a donc piqué Ricart d’oser griffer le monde du luxe à la sauce Ferrari ? Mystère… À suivre !

Pegaso Z-102, la supercar ibérique qui titilla Ferrari

Mettez de côté l’image du camionneur moustachu pour vous installer au volant d’un bolide d’exception : la Pegaso Z-102. En 1951, lors du Salon de Paris, les journalistes n’en menaient pas large : voilà qu’au fin fond d’une Espagne rigidifiée par l’austérité, une éclaboussure de génie venait éblouir la scène internationale. Oui, Pegaso, c’était aussi du glamour ! Pas seulement du cambouis à la pause-café.

Sortie de l’imagination de Wifredo Ricart, la Z-102 arrive toute carénée, avec des allures de bombinette à la fois raffinée et redoutable. Son moteur V8 quatre arbres à cames, capable de dépasser les 250 km/h, tient la dragée haute aux meilleures créations de l’époque : Ferrari, Maserati et même Aston Martin partent se rhabiller. Pour ceux qui voudraient vérifier, ce châssis était tellement sophistiqué qu’il faisait passer Jaguar XK120 et Simca España pour des bicyclettes améliorées.

La rareté a aussi fait la légende : seulement 80 exemplaires produits ! Inutile de préciser qu’avec de si faibles tirages, la Z-102 fait aujourd’hui pâlir de jalousie les collectionneurs du monde entier, comme le rappellent avec force détails Highmotor et Classic Auto. Vous avez raté la vôtre ? Ne cherchez plus, votre banquier vous remerciera…

Les anecdotes abondent : saviez-vous que dans une Espagne où les routes ressemblaient parfois à des pistes de luge en été, une poignée de riches clients exigeants faisaient rugir leur Z-102 entre deux nids-de-poule ? Pourtant, malgré ses atouts et son design osé, la Pegaso Z-102 n’a jamais conquis la série. Excellence technique, image de marque élitiste (« la voiture des connaisseurs » était le slogan), prix stratosphérique : tous les ingrédients étaient réunis pour fabriquer une légende… mais pas un succès commercial.

Modèle Moteur Puissance Vitesse max Années de prod.
Pegaso Z-102 V8 2.5L-3.2L 175-360ch 155-250 km/h 1951-1957
Pegaso Z-103 V8 3.9L-4.7L 250-350ch (proj.) 230 km/h (est.) 1955-1958

La Z-102, tout comme la Z-103 qui lui succéda discrètement, est devenue le Graal ibérique historique, l’équivalent du monstre sacré pour quiconque apprécie l’audace espagnole en carrosserie. Entre design intemporel, innovations mécaniques et anecdotes de collection, les supercars ibériques n’ont pas fini de faire parler d’elles. Et dans le salon de nombreux amateurs passionnés, c’est encore LA miniature à dénicher.

Pour la suite, on reste sur la route, mais côté « gros porteurs » : Pegaso, c’est aussi une histoire de camions et de voyages XXL. Les voitures de sport, c’est bien, mais sans les camions pour aller installer le chapiteau, cette saga serait restée dans le coffre à jouets !

Pegaso, la suprématie du camion made in Spain

Sérieusement, qui n’a jamais croisé – ou dépassé péniblement – un camion Pegaso fumant sur la route ? Pas un Espagnol, ni même un touriste ayant parcouru l’Ibérie dans les années 70-80 ! Avec son flair industriel et le muscle national de ENASA, Pegaso devint très vite une référence parmi les trucks européens, surclassant parfois Barreiros ou Ebro.

Du transport de marchandises à la conquête de l’Afrique du Nord (sans même prendre l’avion), Pegaso régnait sur les longues distances. Dès les années 50, la firme s’illustre par des modèles robustes comme les camions de gros tonnage, à la fiabilité bien supérieure à certains concurrents. Les militaires, la voirie, les sociétés de titans logistiques ont toutes affiché le logo du cheval ailé sur leurs mastodontes.

À la fin des années 70, c’est le lancement en fanfare du susnommé Pegaso Troner. On parle ici d’un camion synonyme de confort, puissance, et durabilité : le Troner devient très vite le joujou préféré des transporteurs routiers. Techniquement, il envoie du lourd (jeu de mots assumé), et s’exporte vers plus de 30 pays. Les concurrents Seat Cupra, Santana Motor et même Talbot España observent la scène, admiratifs ou envieux selon les jours !

À cette époque, Pegaso innove, investit dans la transmission intégrale, et propose des camions adaptés à tous les terrains – de quoi rivaliser avec les plus grandes maisons mondiales. Détail savoureux : pour certains convoyeurs long-courriers, piloter un Pegaso, c’était un peu jouer à « qui a la plus grosse ! » sur l’autoroute du soleil. Pas étonnant, donc, que la marque soit parvenue à s’exporter même sur les marchés les plus coriaces.

Années Modèles emblématiques Spécificités techniques
1950-1960 Pegaso II, Mofletes Robustesse, moteurs 6 cylindres
1970-1980 Pegaso 3046, Troner Transmission intégrale, longévité, confort cabine
1980-1990 Pegaso Troner, Ekus Principal export, design moderne, électronique embarquée naissante

Pour les nostalgiques, il reste de doux souvenirs de ces camions tonitruants, héritiers naturels des grandes heures de l’industrie nationale. Preuve, s’il en fallait, que Pegaso ne s’est pas limité à briller dans les rallyes ou les salons chic… mais a su aussi mettre les mains dans le cambouis du quotidien espagnol.

Laissons vrombir les souvenirs et poursuivons avec un volet autrement passionnant : l’influence de Pegaso sur des pans inattendus de la société espagnole, à commencer par le football local et le tissu social.

Du vestiaire au garage : Pegaso et ses aventures sportives inattendues

Avouez, personne ne s’attend à ce qu’un fabricant de camions et de supercars déteigne sur les terrains de foot. Et pourtant, Pegaso ne se contente pas de faire ronronner ses moteurs sur l’asphalte : dans la Catalogne et la Communauté de Madrid, la marque a joué un rôle inattendu dans le sport roi.

L’idée, à la base, paraît simple : fédérer les ouvriers de l’usine autour d’activités extra-professionnelles. La naissance du CD Pegaso incarne ce concept : un club de football au service de la communauté, basé dans l’environnement immédiat des usines, d’abord à Barcelone (La Sagrera), puis à Madrid. Pas question ici de viser la Champions League, mais de cultiver un esprit collectif et d’offrir aux salariés des occasions de s’extérioriser loin des presses hydrauliques.

Sur le plan sportif, le CD Pegaso n’a jamais frayé avec les géants comme le Real ou l’Atlético. Pourtant, il a su marquer les esprits et s’imposer dans la mémoire locale. De jeunes joueurs prometteurs – Jaime Mata ou Quique Sánchez Flores pour ne citer qu’eux – y firent leurs armes, forgeant des souvenirs impérissables. Certains, comme Miguel Hernández, glanèrent mêmes des titres olympiques, preuve que la filière industrielle peut accoucher de champions.

Ce melting-pot entre industrie et sport témoigne de l’importance du lien social tissé par Pegaso : le CD Pegaso n’était pas qu’un club, mais aussi une prolongation de l’identité collective régionale. Pour beaucoup d’habs de la zone, Pegaso rimait avec travail ET football, patron ET copain de vestiaire.

Pour d’autres marqueurs de ce genre, Simca España ou Talbot España avaient aussi lancé leurs propres équipes, confirmant que la culture d’entreprise passait autant par le garage que par le terrain de foot. Un exemple emblématique du dynamisme espagnol, qui fait de son industrie une vraie pépinière de passions multiples !

Si vous êtes d’humeur curieuse, de multiples sites, comme Motorlegend ou La Voiture, offrent un tour d’horizon des influences croisées entre sport, industrie et société à l’espagnole.

L’héritage éternel de Pegaso dans le panorama automobile espagnol

Sur le marché de la voiture ancienne en 2025, un modèle Pegaso, c’est comme croiser une licorne motorisée. Le parfum corsé de la marque flotte encore dans les mémoires, stimulées par le succès (ou l’échec retentissant) de la Z-102, mais aussi par la longue tradition du camion espagnol. L’importance de Pegaso ne se mesure pas qu’en cylindres ou en kilomètres parcourus, mais aussi en créativité, en ténacité, voire en insolence face aux géants européens.

Après son absorption par IVECO en 1990, Pegaso tire sa révérence, laissant derrière elle un héritage lourd à porter. Pourtant, la marque fut un tremplin ou un concurrent coriace pour nombre d’acteurs comme SEAT, Barreiros, Simca España, ou Santana Motor. Chacun y allait de sa plug-in innovation, mais Pegaso reste à jamais l’enfant terrible qui osa défier Ferrari et remettre l’Espagne sur la carte européenne de l’auto.

Les musées et salons dédiés, recensés sur des sites comme Rêves et Dragées ou Caradisiac, attirent toujours des passionnés avides de découvrir cette épopée hors-normes, là où le cheval ailé côtoie les mastodontes de métal. Nul doute que, dans dix ou vingt ans, le blason Pegaso continuera d’inspirer designers et collectionneurs.

D’ailleurs, à l’instar des autres survivants de l’époque dorée de l’auto espagnole, tel Iberauto ou SEAT Cupra, Pegaso prouve que le génie ne meurt jamais vraiment : il sommeille sous les capots des « supercars » oubliées ou dans le ronflement mélodieux des camions qui croisent encore parfois sur les routes ibériques. On se le dise : Pegaso, c’est la preuve roulante que l’Espagne a plus d’un tour de volant dans son garage !

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