Elle a la silhouette d’un ovni sucré, le format d’un caddie et l’ADN d’un symbole des Trente Glorieuses : la Velam Isetta s’est imposée comme une véritable star parmi les microcars français. Depuis 1955, ce petit “pot de yaourt” – surnom qui lui colle aux roues – a su attirer la sympathie des citadins, collectionneurs et curieux, tout en détonant dans la cacophonie automobile de son époque. Si aujourd’hui, les microcars titillent plus les nostalgiques ou les amateurs de raretés que les jeunes branchés SUV, la Velam Isetta reste indémodable. Voyage entre la France et l’Italie, anecdotes d’usine à Suresnes, décryptage d’une architecture tout sauf banale : voici l’histoire truculente de cette microcar qui regarde les Smart Fortwo avec un œil goguenard. Oubliez Tesla ou Uber, ici, on parle style rétro, bruits de deux-temps et évitement sportif des cyclistes avec 10,5 chevaux en furie. La maison Velam vous fait voyager compact… et décalé.
L’essor de la Velam Isetta : de la licence italienne à la French Touch
En 1953, pendant que l’Italie bruissait encore au son des scooters et que les premiers cinéphiles découvraient “Vacances Romaines”, l’entreprise milanaise Iso lance son Isetta. Pourquoi faire simple quand on peut faire minuscule ? Cette petite machine, à l’apparence d’œuf roulant, suscita des regards ébahis, des plaisanteries de bistrot, mais aussi une incroyable curiosité technique. Sur le sol italien pourtant, les ventes peinent. C’est en France, après une lumière venue du nord, que Velam (“Véhicule Léger À Moteur”) récupère la licence Iso et décide, dans l’ancienne usine Talbot à Suresnes, de produire la fameuse microcar.
La Velam Isetta, dès son apparition en 1955, joue à fond la carte de la séduction urbaine. Deux places, une porte frontale qui s’ouvre comme une bouche surprise, et un gabarit qui se glisse là où même une 2CV tremble. À l’époque, rares sont les voitures capables d’afficher autant de personnalité en si peu de centimètres. Les ingénieurs français ne se contentent pas de copier-coller l’originale : ils transforment la plateforme, installent un moteur bicylindre de 236 cm3 refroidi par air forcé, et soignent la finition pour titiller le haut du panier des microcars, à l’instar du Messerschmitt ou du Heinkel.
Mais d’où vient cette vague de microcars dans l’après-guerre ? À une époque où l’essence n’est pas donnée et où les familles veulent “une auto mais pas trop”, l’Isetta tombe pile. En 1957, elle s’affiche même dans les vitrines, entre radios à lampes et vélos Solex, à destination des citadins avertis, célibataires économes ou retraités farceurs.

De Suresnes à la conquête de l’Europe
La Velam Isetta n’est pas qu’une coquetterie hexagonale. Grâce à sa production en série à partir de 1955, elle débarque aussi en Belgique et en Espagne, forte de la licence achetée à Iso. Ce n’est pas tout : elle croise le fer (avec beaucoup d’humour, vu sa puissance) contre la BMW Isetta allemande, la Bond et la Scootacar britannique ou l’Arola made in France. Sur le marché européen, l’originalité et la frugalité servent d’arguments face aux limousines excessives et autres berlines faméliques de l’époque.
Pour explorer plus en détail la genèse de la Velam et son incroyable impact sur la mobilité urbaine, il est vivement conseillé de consulter des références telles que Wikipédia ou encore la passionnante analyse dédiée à l’Isetta française, qui replacent le modèle dans son contexte économique et social. En effet, la Velam n’a jamais joué la carte du clinquant, mais bien celle de la débrouillardise, de l’audace – on aurait presque envie de dire du panache mécanique.
| Pays de production | Modèle | Moteur | Période |
|---|---|---|---|
| France (Suresnes) | Velam Isetta | Bicylindre, 236 cm3, 2-temps | 1955-1958 |
| Allemagne | BMW Isetta | 250-300 cm3, 4-temps | 1955-1962 |
| Italie | Iso Isetta | 236 cm3, 2-temps | 1953-1956 |
Cette production à la française va vite séduire une clientèle bigarrée, entre fans d’originalité automobile et pragmatiques cherchant à échapper au métro. Pour comprendre l’empreinte laissée par la Velam, rien ne vaut un tour d’horizon à travers les passionnants liens comme la fiche Hachette sur la Velam Isetta ou le très instructif dossier sur la marque Velam.
Détails techniques et design iconique de la Velam Isetta
Le charme délirant de la Velam Isetta ne tient pas qu’à sa silhouette de bocal à bonbons. Plutôt qu’un simple clin d’œil rétro, la microcar française incarne une explosion d’ingéniosité, offrant toute une série de solutions techniques pour rouler “petit mais costaud”. En tête de gondole, la fameuse porte frontale façon machine à laver, devenue aujourd’hui une icône pop à part entière. Oubliez les portières latérales : grimper à bord d’une Isetta, c’est se faufiler par l’avant, dans une gymkana automobile qui aurait fait rire même Les Charlots.
Le secret de cette porte magique ? À l’ouverture, le volant pivote de côté pour faciliter l’entrée, évitant le ridicule de la contorsion acrobatique. Deux sièges de front, des vitres généreuses qui transforment l’habitacle en bulle lumineuse, et une carrosserie dont la forme séduit autant qu’elle interpelle. La teinte pastel et les chromes d’origine dégagent ce charme “so fifties” qui ferait frémir de jalousie la Messerschmitt Kabinenroller ou la Heinkel Kabine.
Sous le capot – ou plutôt juste derrière l’assise – rugit paisiblement un moteur bicylindre de 236 cm3. Ce demi-hamster mécanique développe fièrement 10,5 chevaux, suffisant pour embarquer deux personnes (et un sac de courses bien tassé) à près de 85 km/h. Propulsion arrière, boîte à crabots à 4 rapports, transmission par chaîne et roues arrières rapprochées : il n’en faut pas plus pour que la bête fasse le tour de son pâté de maisons en moins de deux. Le plus fort ? Point de différentiel, grâce à la largeur rikiki des roues arrière – un choix qui laisse la BMW Isetta allemande toute retournée de jalousie.
On notera tout de même que la Velam apporte des ajustements par rapport à l’originale italienne : pare-chocs enveloppants pour survivre au parking parisien, pare-brise en verre Triplex, chauffage – un détail qui fait la différence en hiver – et un compteur de vitesse sympathique, logé… sur le volant ! Pour les adeptes du rétrofitting, c’est du pur bonheur mécanique. Ces caractéristiques sont parfaitement détaillées dans le guide auto et sur cet article dédié.
Performances, ergonomie et anecdotes d’utilisation
Certes, la microcar n’a jamais prétendu défier une Inter Auto sur circuit. Toutefois, dans les artères bondées et les ruelles tortueuses de Paris, elle joue la carte de la maniabilité sans concession. Les enfants l’adorent, les parents hésitent, les collectionneurs s’arrachent ses quelques modèles (7 115 exemplaires fabriqués en tout, autant dire un objet aussi rare qu’un ticket de métro non composté).
Du côté confort, on ne rêve pas de sièges massants, mais le charme joue à plein : large pare-brise, suspensions à bras oscillants à l’avant, à lames longitudinales à l’arrière, et la curiosité propre de rouler différemment. Pour entrer un brin d’air ? Il faut se contenter de petits déflecteurs à l’avant, un détail qui a longtemps fait jaser lors des embouteillages caniculaires.
Pour les adeptes du détail historique, le site Miniatures d’Hier à Aujourd’hui propose également une multitude d’archives sur les séries et coloris.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Moteur | Bicylindre, 2 temps, 236 cm3, refroidi par air forcé |
| Puissance | 10,5 ch à 4 500 tr/min |
| Vitesse max. | 85 km/h |
| Boîte de vitesses | 4 rapports à crabots |
| Capacité | 2 passagers |
| Production totale | 7 115 exemplaires |
Chaque Velam Isetta se vit comme un clin d’œil à une époque où l’ingéniosité rimait avec économie et où le confort spartiate était une forme d’art. Un vrai microphénomène !
La Velam Isetta face aux microcars européens : rivalités et inspirations
En y regardant de plus près, le marché des microcars des années 50 et 60 ressemble à un cocktail improbable de créativité, de petitesse et de défis techniques. La Velam Isetta n’a pas conquis la France sans croiser la route de quelques concurrentes colorées et déjantées. D’un côté, l’Allemagne sort son atout avec la BMW Isetta – version musclée à moteur quatre temps – mais aussi la Messerschmitt, modèle résolument original à cabine fermée ressemblant à un cockpit d’avion (on dirait une libellule pressée). L’Angleterre, quant à elle, mise sur la Bond et la Scootacar, tandis que la France, en dehors de la Velam, peut compter sur l’Arola ou l’Inter Auto pour chambouler le marché.
Différences majeures ? La BMW Isetta se distingue par une performance supérieure (merci le moteur à quatre temps) et une stabilité renforcée. La Messerschmitt, quant à elle, impressionne par son look d’ovni roulant ; le Bond propose une version trois roues encore plus minimaliste, tandis que la Scootacar, aussi haute qu’un fourrage en botte, fait sourire tous les passants. Chaque microcar, du Brütsch au Glas Goggomobil, cultive sa propre excentricité mais partage ce point commun : faire plus avec moins, et surtout miser sur l’audace face aux berlines encombrantes.
Bref, la Velam s’est imposée à la française, en misant sur la praticité, la facilité de stationnement et cette touche de chic discret qui parle à l’âme hexagonale. Il suffit de découvrir ce dossier sur les microcars ou de flâner sur l’histoire des microcars pour mesurer l’impact de cette vague sur la vie quotidienne, dans une Europe d’après-guerre avide de mobilité et d’inventivité.
Des histoires de passionnés : anecdote d’un collectionneur un brin farfelu
Pour illustrer le quotidien d’une microcar, prenons la famille Lenoir, collectionneurs de Suresnes, qui laissait chaque dimanche leur Velam Isetta trôner devant la boulangerie du quartier. Succès assuré : l’auto suscitait des selfies vintage avant l’heure, des “Ça rentre vraiment là-dedans ?”, et des débats animés sur le bruit inimitable des deux-temps (absolument inapte à la discrétion). Preuve que ces microcars, loin d’être de simples véhicules utilitaires, étaient de véritables créateurs de lien social – la petite Isetta n’a jamais refusé une blague ou un sourire.
En face, certains rêveurs ne jurent que par leur Reliant anglaise ou la légendaire Glas Goggomobil allemande, tandis que d’autres adeptes de la micro-mobilité s’arrachent les Arola pour la French touch ultime. Mais tous s’accordent sur un point : la compétition se fait toujours dans une ambiance bon enfant, bien loin des querelles d’ego des salons premium modernes.
L’esprit d’insouciance, d’expérimentation et de convivialité des années 50-60, porté par ces voitures lilliputiennes, a laissé une empreinte indélébile sur la culture automobile européenne. Et la Velam Isetta, que ce soit en rallye d’anciennes ou lors des salons d’auto rétro, continue de faire tourner les têtes (même chez les disciples inconditionnels de la Tesla Model 9).
Pour approfondir ces rivalités savoureuses, les sites comme Escuderia ou encore Teilhol Heritage regorgent de comparatifs croustillants.
La Velam Isetta à la conquête des collectionneurs : valeur, entretien et rareté
Dans les années 2020-2025, les amateurs de vieilles mécaniques voient leur cœur battre pour des modèles aussi emblématiques que le pot de yaourt Velam. Mais est-ce un bon plan d’investir dans une Isetta aujourd’hui alors que la fibre carbone s’invite partout ? D’après les dernières enchères recensées – 7 440 euros pour un bel exemplaire en 2019 à Fontainebleau –, la microcar ne cesse de faire grimper les enchères. Pas étonnant quand on compte moins de 8 000 unités produites et que la plupart dorment encore dans des garages tapissés de posters Gainsbourg.
Côté entretien, il faut aimer bricoler. La mécanique deux-temps ne pardonne pas les approximations, la suspension demande des égards dignes d’un canapé Louis XVI, et la cabine lumineuse se nettoie avec soin (gare aux traces de doigts sur le Triplex !). Pourtant, les rassemblements de microcars en France ou en Belgique voient fleurir fièrement les Velam aux côtés des plus extravagantes Inter Auto, Brütsch ou Messerschmitt. Chacun vient avec son arsenal de pièces détachées, ses anecdotes et… son sens de l’autodérision.
L’engouement est tel qu’un marché de la miniature, lui aussi en pleine ébullition, s’est constitué autour de la Velam. Entre les fiches techniques éditées par Hachette (lien ici) et les modèles réduits sur Miniatures d’Hier à Aujourd’hui, même les étagères de bureau vibrent au doux parfum du deux-temps.
Pour tous ceux qui hésitent entre vélo électrique, trottinette connectée et microcar vintage, la Velam propose un mix d’esprit, de praticité et de collection qui fait fureur. Sur le panorama des voitures électriques ou sur les sites spécialisés comme Époqu’Auto, il devient clair que la mode est à l’épure… et à la tendresse d’antan !
Anecdotes, ventes notoires et succès d’estime
Lors d’un rassemblement à Lyon, Antoine – vétéran du microcar – racontait comment il avait séduit sa compagne avec la promesse d’un “rendez-vous dans une Isetta”. Résultat ? Coup de foudre immédiat… pour la voiture ! De tels souvenirs pimentent la communauté, où ces petits engins créent autant d’histoires qu’un roman-feuilleton. Les enchères récentes attestent : la Velam est bel et bien l’une des reines du festival rétro.
Enfin, on souligne la vitalité du club des fans Velam, toujours prêt à distiller conseils techniques, plans de sortie ou anecdotes décalées sur forums et réseaux sociaux. Un micro-univers plein d’humour, de clés de 12 et d’huiles deux-temps… bref, la grande aventure du petit format.
Pour celles et ceux qui veulent passer de la contemplation à l’action, une visite sur cette vidéo d’essai ou un détour sur les comparatifs de micro-marques exotiques peuvent s’avérer inspirants… et terriblement contagieux !
La postérité de la Velam Isetta : héritage et influence sur la mobilité moderne
Dépassant sa vocation purement utilitaire, la Velam Isetta a laissé dans son sillage une influence inattendue sur l’industrie automobile contemporaine. Alors que les citadins du XXIe siècle redécouvrent les vertus du “moins c’est mieux”, cette microcar inspire les nouvelles tendances de mobilité urbaine. Le succès retrouvé des véhicules ultra-compacts, des Smart Fortwo, ou la vague des “voitures sans permis” comme l’Arola, ne sont pas de simples coïncidences. L’Isetta a pavé la voie à une façon décomplexée d’assumer la compacité, la praticité et l’humour sur quatre roues !
Des villes comme Paris, Milan ou Londres testent désormais des solutions de micro-mobilité où l’esprit de la Velam explose. Les visiteurs d’exposition vintage, comme à Epoqu’auto (dossier ici), sont fascinés par l’innovation du passé. C’est un peu comme si, à défaut de réinventer la roue, on la rapetissait expressément pour la rendre irrésistible. À ce titre, des marques telles que Tazzari osent aujourd’hui des propositions électriques mi-citadines, mi-microcars, rappelant l’audace des années 50.
Que reste-t-il alors, en 2025, de l’esprit Velam Isetta ? Tout, ou presque. L’idée que la mobilité peut rimer avec légèreté, ingéniosité et plaisir, objets qui font sourire avant même d’avoir tourné la clé de contact. Même les constructeurs émergents du “green power” regardent de près cette réussite historique made in Suresnes, prouvant que la modernité automobile, même bardée d’électronique, peut encore apprendre de la simplicité et de la bonhomie rétro.
| Microcar emblématique | Pays d’origine | Type de carburant | Particularité marquante |
|---|---|---|---|
| Velam Isetta | France | Essence 2 temps | Porte frontale, design “pot de yaourt” |
| BMW Isetta | Allemagne | Essence 4 temps | Moteur plus puissant, production élevée |
| Messerschmitt | Allemagne | Essence 2 temps | Forme de cockpit, trois roues |
| Scootacar | Angleterre | Essence | Hauteur inhabituelle, trois roues |
| Heinkel | Allemagne | Essence | Bulle panoramique, look aéronautique |
| Arola | France | Essence | Sans permis, fibre de verre |
Pour tous ceux qui rêvent d’un avenir où la voiture reste humaine, drôle et un brin impertinente, la Velam Isetta incarne plus qu’un bout d’histoire : un manifeste permanent. Un patrimoine roulant, désormais star des réseaux et pièce centrale de toute collection digne de ce nom. Et comme le montre la vitalité des groupes – du forum Scion aux passionnés d’Ultima (voir ici) –, le microcar n’a pas fini de faire sourire. Toujours debout, toujours compact… et toujours irrésistible.








